Source : Roland Masse - Académie des technologies, Paris 2012
Ce tableau prend en compte les événements de Tchernobyl, Fukushima et la catastrophe qui eut lieu à l’est de Kychtym en Oural, dans les années 1953-1954. Ne soyons pas surpris. De source officielle chinoise, les décès par silicose, maladie des mineurs, sont annuellement de 24 000 et la pollution atmosphérique — pour l’essentiel due au charbon — tue prématurément plus de 700 000 personnes.
Soulignons ici, car c’est malheureusement nécessaire, que cette comptabilité macabre n’est pas affaire d’opinion, mais d’études épidémiologiques longues et qu’il n’y a aucune autre source crédible que celle de l’OMS, quoiqu’en dise quelques organisations et de nombreux experts auto-qualifiés « d’indépendants ».
Du point de vue de la santé publique et de l’écologie il est donc curieux de passer d’une source moins polluante et moins dangereuse — le nucléaire — à une source qui l’est considérablement plus : le charbon. Car, contrairement à ce que l’on entend prêcher, arrêt du nucléaire veut dire pour l’essentiel recours au charbon ; c’est déjà le cas en Allemagne. Quant au pays qui rejette par habitant, le plus de CO2 en Europe, c’est aussi celui qui a le plus d’éoliennes (le Danemark) et le plus recours au charbon et au gaz pour la fabrication de son électricité.
Certes le nucléaire est dangereux, certes ces centrales — et c’est pour moi la critique fondamentale — permettent aux pays qui en possèdent de produire du plutonium utilisable à des fins militaires, certes certains sols contaminés le demeurent longtemps, mais s’il y a un risque militaro-politique, le risque sanitaire est très maîtrisé.
