Le catamaran de course a été reconditionné à Saint-Malo pour se muer en ambassadeur des énergies renouvelables et de la mobilité hydrogène. Ce navire sera en effet entre autres équipé d’éoliennes, de panneaux photovoltaïques ainsi que d’un système de production d’hydrogène. Cet hydrogène permettra de stocker une partie de l'énergie produite par les unités renouvelables embarquées, en complément de batteries lithium-ion. Selon Nicolas Hulot, parrain de ce projet, le caractère innovant d’Energy Observer réside dans ce recours au vecteur hydrogène qui doit permettre de gérer le problème de l’intermittence de certaines énergies renouvelables et du stockage d’électricité.

Energy Observer entend prouver la viabilité de ces technologies en explorant en autonomie les différents océans et mers du globe pendant 6 ans, à l'aide d'une propulsion n'émettant pas de gaz à effet de serre. Le navire vient d’entrer dans la phase finale de son chantier et sa mise à l’eau est prévue à l’hiver prochain pour qu’il puisse débuter son tour du monde mi-2017. Soutenu financièrement par AccorHotels et Thélème Assurances, le projet est mené en partenariat avec le CEA-Liten de Grenoble(2). Le coût de la construction d'Energy Observer est de 4,2 millions d’euros(3).

Présentation de ce navire insolite qui prolonge sur les eaux l’ambition de l’avion solaire Solar Impulse.

Reportage en images

Energy Observer et renouvelables
Energy Observer et hydrogène
Projet Energy Observer
Energy Observer et ses concepteurs
Energy Observer en chantier
Energy Observer
Tour du monde Energy Observer
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Le catamaran électrique Energy Observer mesurera 30,5 m de long et près de 12,8 m de large. Il fait figure de laboratoire des énergies renouvelables avec ses 130 m2 de panneaux photovoltaïques d’une puissance cumulée de 21 kW et ses 2 éoliennes à axe vertical de 1 kW chacune. (©Kadeg Boucher-Energy Observer)

Energy Observer dispose également d’une aile de cerf-volant automatisée de 50 m2 qui permettra de tracter le catamaran et de produire de l’électricité (avec les moteurs en mode hydrogénérateur(4)). Cette électricité pourra elle-même être utilisée pour produire de l’hydrogène à bord du navire par électrolyse de l’eau. L’hydrogène sera stocké dans des réservoirs dédiés et pourra « restituer » de l’électricité via des piles à combustible en fonction des besoins, notamment la nuit en prenant le relais des panneaux solaires. (©Kadeg Boucher-Energy Observer)

Le « reconditionnement » du catamaran depuis 2015 a entre autres consister à rajouter une nacelle au navire et à renforcer sa coque pour soutenir les nouveaux équipements embarqués. Energy Observer devrait peser 28 tonnes et voguer à une vitesse comprise entre 8 et 10 nœuds. (©Energy Observer-Pierrick Contin)

Le projet d’Energy Observer est porté par le navigateur Victorien Erussard et l’explorateur et réalisateur Jérôme Delafosse. Ils sont actuellement accompagnés par une équipe d'une trentaine de personnes, composée d'architectes, de designers et d'ingénieurs. (©Energy Observer-Pierrick Contin)

Energy Observer a « déménagé » le 31 août dernier, son chantier se poursuivant dans le bassin Duguay-Trouin à Saint-Malo, où son poste de pilotage et ses éoliennes seront notamment intégrés. (©Energy Observer-Pierrick Contin)

Energy Observer devrait être mis à l’eau « à l’hiver prochain » pour une phase de tests. Selon le calendrier actuel, il devrait partir de Saint-Malo au printemps 2017 avec une première escale « événementielle » à Paris où le catamaran sera officiellement baptisé. (©Kadeg Boucher-Energy Observer)

S’en suivra un tour du monde qui devrait durer 6 ans jusqu’en 2022, avec 101 escales prévues dans 50 pays du monde entier, en commençant par l’Europe. Chaque escale devrait entre autres permettre d’identifier et d’apporter de la visibilité à des initiatives dans le domaine des énergies renouvelables. (©Energy Observer)

Sources / Notes

  1. Pour « Technique d’avant-garde ».
  2. Laboratoire d'innovation pour les technologies des énergies nouvelles et les nanomatériaux.
  3. En incluant la R&D.
  4. L’hydrogénérateur exploite le flux de l’eau pour produire de l’électricité.