Les hydroliennes visent traditionnellement à transformer l’énergie cinétique des courants marins en électricité. Des prototypes de plus faible puissance ont également été testés dans des fleuves, notamment à Orléans. La société grenobloise HydroQuest, « leader mondial » du marché émergent de l'hydrolien fluvial, a depuis plusieurs années pu « étudier et améliorer l'ensemble de son système » (fonctionnement de l'hydrolienne, flotteurs de la barge, système de grille autonettoyant, etc.), indique son président Jean-François Simon.

« La bataille porte désormais sur la réduction des coûts de production », tant grâce aux innovations qu'aux économies d'échelle, indique-t-il, en fournissant une fourchette large comprise « entre 50 €/MWh et 150 €/MWh selon les sites », qui sont limités par la vitesse nécessaire des courants. Les sites potentiels pour développer l'hydrolien fluvial sont « peu nombreux en France » selon HydroQuest, compte tenu des nombreux équipements existants sur les fleuves. La société devrait ainsi, pour ce marché, principalement se développer dans les pays émergents.

CNR prévoit pour sa part d’installer 39 hydroliennes fluviales à l’aval du grand barrage hydroélectrique de Génissiat dans l’Ain. Ce projet a été retenu dans le cadre de l’appel à projets « Énergies renouvelables en mer et fermes pilotes hydroliennes fluviales » lancé par l’Ademe en 2016(1). La moitié des 12 millions d’euros d’investissement du projet doit être financée par l’agence (dont un tiers sous forme de subventions et deux tiers d’avances remboursables).

Présentation en images du projet.

Reportage en images

Hydroliennes fluviales dans l'Ain
Hydrolienne fluviale
Hydrolienne fluviale en test
Hydrolienne fluviale immergée
Disposition des hydroliennes fluviales
Potentiel des hydroliennes fluviales
Site du projet CNR d'hydrolien fluvial
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C’est dans l’Ain, à l’aval du barrage hydroélectrique de Génissiat, que CNR souhaite implanter sa ferme pilote d'hydroliennes fluviales. (©CDE)

Fournies par la PME grenobloise HydroQuest, 27 hydroliennes fluviales auront une puissance nominale unitaire de 40 kW et 12 autres une puissance de 80 kW. Ici, un prototype testé sur la Loire. (©Arnaud Bouissou-Terra)

Les hydroliennes seront immergées à près de 2 m de profondeur pour capter le courant du fleuve (de près de 1,5 m par seconde). Chacune sera fixée sous une barge flottante d’environ 13 m de long et 7 m de large. (©Arnaud Bouissou-Terra)

La barge sera équipée d’un système de relevage pour mettre en sécurité l’hydrolienne en cas de faible débit ou de crue. (©photothèque CNR)

Les 39 hydroliennes fluviales du projet seront installées par groupe de 3, tous les 150 mètres, sur une distance totale de 2 km. Elles seront disposées en triangle avec la pointe dirigée face au courant. (©CDE)

D'une puissance cumulée de 2 MW, le futur parc d’hydroliennes fluviales pourrait produire environ 6 700 MWh par an selon CNR, ce qui implique un facteur de charge d’environ 38%. Toute l’électricité produite sera injectée sur le réseau d’Enedis. (©Arnaud Bouissou-Terra)

La mise en service de la ferme pilote de CNR est prévue fin 2019, selon le calendrier actuel (les autorisations administratives sont en cours). Elle devrait être exploitée pour une période de 20 ans. (©Camille Moirenc / photothèque CNR)

Sources / Notes

  1. Où des projets peuvent être rapidement mis en service (près d'un an), en fournissant une production décentralisée continue (au contraire des filières intermittentes), avec une bonne prévisibilité.
  2. Appel à projets  « Énergies renouvelables en mer et fermes pilotes hydroliennes fluviales », Ademe.