Réduire la consommation finale…

Les scénaristes partent du constat de la raréfaction annoncée des ressources fossiles conventionnelles. Ils prennent le parti de ne pas intégrer dans leur démarche l’énergie nucléaire, qu’ils jugent trop risquée.

Pour développer les énergies renouvelables, ils insistent sur la nécessité de réduire la consommation finale d’énergie. En 2010 (année de référence du scénario), cette consommation est égale à 1 927 TWh et se répartit principalement entre les usages liés à la chaleur, la mobilité et l’efficacité spécifique. Le scénario envisage une réduction de cette consommation de plus de 55% grâce aux efforts de sobriété et d’efficacité. Elle serait alors réduite à 849 TWh en 2050, répartie comme suit :

Evolution de la consommation finale selon les différents usages (©2011)

Evolution de la consommation finale selon les différents usages (©2011)

Dans le secteur des transports (30% de la consommation d’énergie finale), la densification des espaces urbains, le développement du commerce en ligne et le télétravail permettraient de réduire le nombre de kilomètres parcourus. Ces évolutions seraient notamment couplées à une régulation renforcée des transports (notamment la limitation des vitesses), à une meilleure efficacité des moteurs et au développement conjoint des voitures électriques et des véhicules roulant au gaz naturel (60% des déplacements automobiles en 2050).Parmi les différents secteurs, les économies les plus importantes sont envisagées dans le bâtiment (actuellement 40% de la consommation française d’énergie) : la consommation serait réduite de plus de 60% en 2050 par rapport au scénario tendanciel(1). Les économies dépendraient notamment d’une stabilisation du nombre d’habitants par foyer à 2,2 en moyenne(2) ainsi que de l’amélioration de l’isolation et des systèmes de chaleur.

La démarche négaWatt envisage également des progrès en termes de sobriété et d’efficacité dans les domaines de l’industrie (avec notamment le développement de la cogénération) et de l’agriculture.

… Pour permettre une évolution des sources d’énergies primaires

Ces différentes économies conditionnent la transition énergétique envisagée :

  • les énergies renouvelables(3) ;
  • l’énergie nucléaire ;
  • les énergies fossiles.

Les limites d’un tel scénario

Comme tout exercice de prospective, la démarche négaWatt fait l’objet de débats. Le chiffrage du pari sur les énergies renouvelables au détriment de l’énergie nucléaire n’est pas détaillé, notamment le coût de la « sortie du nucléaire ». Il s’agit d’un choix méthodologique assumé et le scénario reste donc un exercice économique et sociétal à consolider comme le reconnaissent ses artisans.

Outre le choix d’abandonner l’énergie nucléaire, les scénaristes font le pari d’importants progrès en termes de sobriété et d’efficacité (respectivement près d’un quart et de trois quarts des économies finales). Ils postulent que « les Français ne consomment pas moins mais mieux » en 2050 et misent finalement davantage sur la technologie que sur les comportements.

Schémas récapitulatifs du scénario négaWatt 2011

Schémas récapitulatifs du scénario négaWatt 2011 (©Association NégaWatt)

Sources / Notes

  1. Scénario 2012-2050 envisagé à l’heure actuelle en fonction des orientations énergétiques et de l’évolution démographique. La population française atteindrait 72,3 millions d’habitants en 2050 selon l’INSEE.
  2. Au lieu de la poursuite du phénomène de décohabitation envisagée par l’INSEE.
  3. L’électricité produite en trop est utilisée pour produire de l’hydrogène, qui est mélangé avec du CO2 pour produire du méthane injectable dans le réseau de gaz naturel.   Site de l'association négaWatt