Un mât 3 fois plus haut que l’arc de triomphe
C’est au nord-ouest du Danemark, sur le centre d’essai d’ Østerild qu’est installé le prototype de l’éolienne géante de Vestas. Il surplombe le paysage avec son mât de 140 m de haut (la pointe des pales atteint 220 m de haut). D’en bas, on peut avoir l’impression que la nacelle située en haut de ce mât a une taille très réduite. En réalité, celle-ci mesure 24,5 m de long 7,5 m de haut et de côté. Elle pèse près de 375 tonnes et sera soumise à des vents puissants en mer. On pressent alors mieux les problématiques liées aux fondations permettant de soutenir cette structure géante.
Par « V164 », comprenez que le diamètre du rotor de cette éolienne atteint 164 m : les 3 pales reliées par un moyeu s’étirent sur près de 80 m. Ces immenses bras tourneront à une vitesse moyenne évaluée à près de 40 km/h. Au total, elles balaient une surface de 21 142 m2, l’équivalent au sol de trois fois la superficie du stade de football de Wembley à Londres.
Une production capable d’alimenter 7 500 ménages
Le gigantisme n’est pas une fin en soi pour cette éolienne. Ses dimensions ont été conçues de façon à optimiser la production par rapport aux coûts de construction et d’installation. Concrètement, une seule de ces installations pourrait permettre de satisfaire la consommation de près de 7 500 ménages (sur la base de la consommation moyenne des Européens).
Cette éolienne s’inscrit par ailleurs dans une démarche plus respectueuse de l’environnement selon son constructeur : elle serait recyclable à 80%. Sa durée de vie serait également allongée de 25% en comparaison avec les modèles classiques d’éoliennes, grâce aux améliorations technologiques réalisées en collaboration avec la société japonaise Mitsubishi Heavy Industries. Ce critère est primordial dans le développement de parcs en mer dès lors que chaque phase d’installation, de maintenance et de démantèlement implique des coûts importants.
La puissance moyenne des éoliennes en mer est actuellement de 4 MW d’après les dernières données publiées cette semaine par l’association européenne de l’énergie éolienne (EWEA). Les capacités de ces géantes des mers augmentent progressivement : depuis l’Haliade 150 d’Alstom qui équipera une partie des parcs français jusqu’à des modèles plus puissants comme la V164. Les groupes Areva et Gamesa ont également prévu de mutualiser leurs efforts pour développer leur propre éolienne de 8MW. La production en séries du modèle de Vestas devrait pour sa part commencer dès 2015.