Déplorant la « crise de l’État stratège » en France, il rappelle entre autres que Rosatom, outre les mises en service de nouveaux réacteurs sur le territoire russe, « engrange de nombreux contrats à l’export grâce à son sys­tème build, own, operate et de financement intégré, ce qui n’est permis ni par l’OCDE, ni par l’UE ». Marc-Antoine Eyl-Mazzega souligne le risque que « la Russie et la Chine disposent demain d’un duopole de l’exportation de ces technologies sensibles dans les pays émergents, voire dans l’UE ».

Il mentionne par ailleurs, dans les pays développés, l’avance prise par les acteurs américains, britanniques et canadiens dans le déploiement de technologies de petits réacteurs modulaires (SMR) qui pourraient trouver des applications « au-delà du secteur énergétique ».

Le directeur du centre Énergie & Climat de l’Ifri appelle ainsi la France à ne pas faire « l’impasse sur la dimension stratégique du nucléaire civil » et à notamment « s’assurer que, dans la réglementation européenne, le nucléaire bénéficie des mêmes chances et opportuni­tés de contribuer à un système électrique décarboné que les autres technologies bas carbone » (avec un accès aux financements européens pour la R&D, notamment via le programme Horizon Europe/InvestEU).