L’Institut Montaigne a constitué un groupe de travail sur l’avenir de l’énergie nucléaire dont les conclusions ont été rendues publiques ce matin. Dans ce rapport, le think tank français émet 13 recommandations parmi lesquelles la révision de l’article fixant l’objectif de 50% de nucléaire à l’horizon 2025, la programmation en France de la mise en service d’une première série de nouveaux réacteurs à l’horizon 2030, une intensification des efforts de R&D (en particulier sur les « Small Modular Reactors ») ou encore l’instauration d’un prix plancher du carbone au niveau européen.

En tant qu’énergie « bas-carbone », le nucléaire est, selon ce rapport, incontournable pour atteindre les objectifs de la COP21. Lors de la Conférence Climat, la question du nucléaire avait pourtant été relativement absente des débats. Le groupe de travail de l’Institut Montaigne appelle ainsi à sortir du « nucléaire honteux » et déplore notamment que les textes européens se focalisent sur la promotion des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique et en excluent l’énergie nucléaire. Il exhorte ainsi la Commission européenne à intégrer le nucléaire « à sa juste place » dans le projet d’Union de l’énergie.

En France, « prolonger la durée d’exploitation des réacteurs de la génération actuelle n’est pas une option mais une nécessité » selon l’Institut Montaigne : la cible de 50% d’électricité nucléaire en 2025 impliquerait de fermer 17 à 20 réacteurs nucléaires dont la production ne pourrait être compensée par les seules énergies renouvelables (qui plus est dans le cas de sources « intermittentes », en l’absence de solutions de stockage à grande échelle).

Tout en dépassionnant les débats autour de l’énergie nucléaire, ce rapport rappelle que deux questions majeures doivent faire l’objet d’une attention particulière : le niveau de sûreté des réacteurs et la gestion des déchets radioactifs. En matière de sûreté, l’Institut Montaigne recommande notamment d’harmoniser les cadres réglementaires nationaux au niveau des meilleures pratiques, en donnant à cette fin un rôle particulier à l’autorité de sûreté française (ASN).