L'ASN (Autorité de Sûreté Nucléaire) assure au nom de l'État, le contrôle de la sûreté nucléaire et de la radioprotection pour protéger les travailleurs, les patients, le public et l'environnement des risques liés à l'utilisation de l'énergie nucléaire. Elle contribue à l’information des citoyens.
Cette autorité administrative indépendante a été créée par la loi du 13 juin 2006 relative à la transparence et à la sécurité en matière nucléaire (dite « loi TSN »)(1). Elle est chargée de contrôler les activités nucléaires civiles en France. Elle n’a donc pas à sa charge les activités nucléaires militaires.
La sûreté nucléaire est l'ensemble des dispositions techniques et des mesures d'organisation relatives à la conception, à la construction, au fonctionnement, à l'arrêt et au démantèlement des installations ainsi qu'au transport des substances radioactives, prises en vue de prévenir les accidents ou d'en limiter les effets.
La création de l’ASN répond à la volonté nationale de créer une autorité non-susceptible d’être influencée par des considérations financières, politiques ou industrielles. Son siège est à Paris.
La fusion avec l'IRSN a été actée en avril 2024 dans le but de fluidifier les processus dans un contexte de relance du nucléaire. Elle sera effective au 1er janvier 2025 et donnera lieu à la naissance de l'ASRN.
Les activités de l’ASN
Elle contrôle la sûreté des installations nucléaires (de recherche comme celles liées au CEA, de production électrique, de retraitement et de stockage des matières fissiles, etc.).
Elle délivre et renouvelle l’autorisation de détention et d’utilisation de sources de rayonnements ionisants.
Dans le domaine des applications médicales, elle effectue (ou fait procéder par des organismes agréés) des contrôles de radioprotection des installations de radiologie, radiothérapie, médecine nucléaire et d'irradiateurs de produits sanguins. Ces contrôles ont pour but d'évaluer régulièrement la sécurité radiologique de ces installations afin d'en vérifier le niveau, en comparaison avec la réglementation en vigueur, et si besoin de la renforcer.
Dans les activités de recherche scientifique et technologique, l’ASN vérifie que les institutions qui les mènent sont en capacité d’assurer leur propre contrôle.
Dans les transports de matières radioactives, l’ASN en assure le contrôle grâce à des inspections et organise régulièrement des exercices de crise.
Les activités de l’ASN reposent sur trois objectifs :
- la réglementation ;
- le contrôle ;
- l’information au public.
L’organisation de l’ASN
L'ASN est composée de :
- un collège de 5 commissaires, dont le président de l’ASN (Bernard Doroszczuk depuis novembre 2018) définit la politique générale de l’ASN relative à la sûreté nucléaire et à la radioprotection. Il se positionne publiquement sur les sujets majeurs et prend les décisions les plus importantes. Ces cinq membres sont nommés par décret (dont trois par le Président de la République) pour six ans et sont inamovibles. Ils ne reçoivent aucune instruction du gouvernement ni d’aucune autre institution ;
- un comité exécutif (dont le directeur général) dirige les services de l’ASN au quotidien. Trois directeurs généraux adjoints, un directeur de cabinet et un conseiller l’assistent dans ses fonctions ;
- 8 directions dont 3 directions fonctionnelles et 5 opérationnelles gèrent les affaires nationales dont elles sont responsables et participent à l’établissement de la réglementation générale ;
- le secrétariat général gère les ressources humaines et procure à l’ASN les moyens budgétaires de son action ;
- la mission expertise et animation (MEA) dote l’ASN de moyens informatiques et de capacités d’expertise de haut niveau ;
- onze divisions territoriales (Bordeaux, Caen, Châlons-en-Champagne, Dijon, Douai, Lyon, Marseille, Nantes, Orléans, Paris et Strasbourg). Les délégués territoriaux représentent l’ASN en région et contribuent, avec l’aide des divisions, à la mission d’information de l’ASN. Ils se chargent également des relations avec les médias et élus locaux.
Par ailleurs, l’ASN reçoit l’appui technique de son Comité scientifique et de ses groupes permanents d’experts (GPE). Le Comité scientifique a pour mission d’examiner les orientations proposées par les services de l’ASN sur les travaux de recherche à mener ou à approfondir dans les domaines de la sûreté nucléaire et de la radioprotection.
Les 6 GPE en sûreté nucléaire (déchets, démantèlement, équipements sous pression nucléaires, réacteurs nucléaires, transports, laboratoires et usines) conseillent et donnent des recommandations à l’ASN pour que celle-ci prépare les décisions importantes concernant les enjeux de sûreté nucléaire.
Dans l’objectif de prévenir les risques nucléaires en France, l’ASN travaille avec les industriels et les institutions.
- Les exploitantsEDFOranole CEAl'Andra ;
- Les autorités de l'État ;
- Les autorités de sûreté nucléaire ;
- L'autorité compétente pour la protection des matières nucléaires, de leurs installations et de leurs transports, qui est le haut fonctionnaire de défense et de sécurité du ministère chargé de l'énergie. Ses prérogatives émanent du code de la défense ;
- L'IRSN ;
- Les CLI.
Chiffres clés
- Le budget global de l’ASN s'élevait à 84,45 millions d’euros en 2018(2) ;
- À fin 2018, l’ASN disposait d’un effectif global de 516 personnes(3) ;
- Le contrôle de l’ASN porte notamment sur le parc nucléaire français70,6% de la production électrique de France métropolitaine en 2019.
Passé et présent
En 1973, le contrôle de la sûreté nucléaire en France relève du Service central de sûreté des installations nucléaires (SCSIN) qui est rattaché au ministre chargé de l’industrie.
En 1991, ce service devient la Direction de la sûreté des installations nucléaires (DSIN), rattachée aux deux ministres chargés respectivement de l’industrie et de l’environnement. L’ASN est alors constituée au niveau national de la DSIN et au niveau régional des Divisions des installations nucléaires (DIN) placées au sein des Directions régionales de l’industrie, de la recherche et de l’environnement (DRIRE).
Le 22 février 2002, la mission de l’ASN s’étend à la radioprotection. L’ASN est placée sous l’autorité des ministres chargés respectivement de l’industrie, de l’environnement et de la santé.
Le 13 juin 2006, la loi relative à la « transparence et à la sécurité en matière nucléaire » (loi TSN) transforme le statut de l’ASN. L’ASN devient dès lors une Autorité administrative indépendante du gouvernement.
Le 10 avril 2024, le projet de loi relatif à la gouvernance de la sûreté nucléaire(5) a été approuvé, après une commission mixte paritaire, actant fusion de l'ASN avec l'IRSN.
Sources / Notes
- Loi n° 2006-686 du 13 juin 2006 relative à la transparence et à la sécurité en matière nucléaire.
- Moyens de l'ASN.
- Ressources humaines de l'ASN.
- Plan stratégique 2018-2020 de l'ASN.
- LOI n° 2024-450 relative à l'organisation de la gouvernance de la sûreté nucléaire et de la radioprotection pour répondre au défi de la relance de la filière nucléaire, Legifrance