L'auteur Sami Ramdani, chercheur à l’IRIS, y analyse (avec la collaboration de Brévenn Giacomoni, assistant de recherche) « les éléments déclencheurs et accélérateurs, des bouleversements que connaissent les marchés énergétiques européens aujourd’hui », avec la stratégie russe de limitation des exportations de gaz vers l’UE.

Il explique entre autres que Gazprom « s’est contenté de remplir ses obligations contractuelles sans envoyer de gaz supplémentaire malgré la demande européenne » avant de réduire drastiquement en 2022 ses exportations vers le marché européen, celles-ci atteignant cette année-là 66,6 milliards de m3 (Gm3), contre 137 Gm3 en 2021(2). Au total, Gazprom n’a ainsi compté que pour près d'un cinquième des 337,4 Gm3 de gaz importés par l’UE en 2022.

Évolution des pays sources des importations extra-européennes de gaz de l'UE en 2022

« Mais la Russie n’a pas totalement abandonné le marché gazier européen », souligne Sami Ramdani : les importations de GNL russe (fourni principalement par Novatek et non Gazprom) de l'UE ont augmenté de près de 30% en 2022 par rapport à 2021 et Moscou envisage de passer par la Turquie pour continuer à exporter des volumes - certes limités - de gaz vers l'UE par gazoduc « en anonymisant une molécule qui aurait pu être refusée par les consommateurs européens si elle avait été traçable ».