Au 1er semestre 2020, la production de pétrole(1) du Canada a été réduite de près de 20% par rapport au niveau de 2019, souligne l'EIA américaine(2).

Rappels sur le Canada, 4e producteur mondial de pétrole

Le Canada dispose des 3e réserves prouvées de pétrole au monde (169,7 milliards de barils à fin 2019 selon le BP Statistical Review of World Energy(3)), après le Venezuela et l’Arabie saoudite. Près de 96% de ses réserves sont toutefois contenues au sein de sables bitumineux (mélange de bitume brut, de sable, d’eau et d’argile)(4), dont l'exploitation est coûteuse et critiquée pour son impact environnemental.

En 2019, la production du Canada a avoisiné 5,6 millions de barils de pétrole par jour (Mb/j) selon l’Agence internationale de l'énergie(5), ce qui en fait le 4e producteur au monde après les États-Unis, l’Arabie saoudite et la Russie. La production canadienne a augmenté de plus de 5% par an en moyenne au cours de la dernière décennie(6) (l’une des plus fortes croissances sur cette période, après les États-Unis et l’Irak).

Contrairement à son voisin américain, le Canada consomme beaucoup moins de pétrole qu’il n’en produit (la consommation canadienne de produits pétroliers a atteint 2,4 Mb/j en 2019), ce qui lui permet d'exporter massivement vers les États-Unis (189,7 millions de tonnes de pétrole brut exportés vers les États-Unis en 2019, soit plus de 96% de ses exportations de brut)(7).

Covid-19 : quel impact en 2020 ?

Dans le contexte de la crise de la Covid-19, la production canadienne de pétrole a fortement chuté en 2019 « en raison des faibles prix du pétrole, de la demande réduite de brut pour le raffinage au Canada et aux États-Unis et du maintien de plafonds de production dans l’Alberta » (province d’où provient plus de 80% de la production canadienne de pétrole)(8).

Sur l’ensemble de l’année 2020, l’Agence internationale de l'énergie estime que la production canadienne de pétrole devrait avoisiner 5,1 Mb/j, soit une baisse d’environ 7,5% par rapport à 2019(9). En chutant à hauteur de 4,6 Mb/j en juin 2020, cette production est tombée à son plus bas niveau depuis mi-2016, lorsqu'un gigantesque feu de forêt avait affecté l'exploitation des sables bitumineux(10).

L’AIE envisage une remontée progressive de la production canadienne de pétrole, tout en estimant que celle-ci restera, en 2021, inférieure au niveau de 2019.

Production canadienne de pétrole

La production canadienne de pétrole a chuté de plus de 14% entre le 1er et le 2e trimestre 2020. (©Connaissance des Énergies, d'après AIE)

Sources / Notes

  1. Dans tout cet article, les données sur le « pétrole » incluent le brut et les autres hydrocarbures liquides. Canada’s oil production drops to its lowest level since 2016 wildfires, EIA, 16 juillet 2020. 
  2. Soit près de 9,8% des réserves prouvées de pétrole dans le monde et l’équivalent de 82 années et un trimestre de production nationale au rythme actuel.
  3. Le bitume doit être extrait de ces sables, avant d’être généralement traité pour en faire en brut plus léger. Faits sur le pétrole brut, gouvernement du Canada.
  4. BP Statistical Review of World Energy, juin 2020.
  5. + 5,1% par an entre 2008 et 2018.
  6. Le Canada a dans le même temps importé 24,2 millions de tonnes de brut des États-Unis.
  7. Le gouvernement de l'Alberta avait imposé des plafonds de production début 2019 (entre autres pour alléger les stocks importants de pétrole brut et en raison des capacités d’exportation limitées dont dispose actuellement le pays) et a décidé en octobre 2019 de maintenir ces plafonds de production jusqu’à fin 2020.
  8. Soit près de 19% de moins qu’au 1er trimestre 2020.
  9. Le feu de Fort McMurray pourrait faire perdre 1,4 milliard $ à l'industrie du pétrole, Radio-Canada, 15 juin 2016.