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La start-up allemande Marvel Fusion, qui cherche à développer la fusion nucléaire par laser, a annoncé jeudi un financement supplémentaire de 50 millions d'euros pour l'aider à progresser vers une phase industrielle.
Un financement total de 385 millions d'euros
Avec cet apport en capital, l'entreprise munichoise étend sa seconde phase de financement dite de "série B" à 113 millions d'euros avec le soutien du groupe allemand Siemens Energy, du fonds suédois EQT Ventures et du Fonds du Conseil européen de l'innovation (EIC).
Avec ces partenaires, Marvel Fusion espère accélérer vers "la construction du premier prototype mondial de fusion", déclare Moritz von der Linden, fondateur et PDG de l'entreprise, dans un communiqué.
L'entreprise porte son financement total à 385 millions d'euros, dont 170 millions d'euros en fonds privés et 215 millions d'euros via des partenariats public-privé. La fusion nucléaire développée par Marvel utilise des lasers ultra-puissants pour chauffer et comprimer des éléments de combustibles, souvent des isotopes de l'hydrogène, créant des conditions extrêmes de température et de pression.
Cela déclenche la fusion des noyaux, libérant de l'énergie. Ses partisans y voient l'énergie de demain, notamment car elle produit peu de déchets - et nettement moins radioactifs que dans une centrale classique - et pas de gaz à effet de serre. Mais une éventuelle phase d'exploitation industrielle va se faire attendre.
Un prototype de centrale autour de 2032
Marvel Fusion vise un premier prototype de centrale à fusion nucléaire par laser autour de 2032, a indiqué un porte-parole à l'AFP. Cela inclut la construction en cours d'un centre technologique laser d'une valeur de 150 millions de dollars, en partenariat avec l'Université d'État du Colorado, avec une première démonstration prévue pour 2026.
Un partenariat industriel avec Siemens Energy se poursuivra pour développer conjointement la conception d'une centrale de fusion entièrement intégrée, sans lieu d'implantation défini pour l'instant.
En Allemagne, où le dernier réacteur nucléaire classique a été fermé en 2023, les partis en discussion pour former le prochain gouvernement - conservateurs (CDU-CSU) et sociaux-démocrates (SPD) - se sont déjà mis d'accord pour "renforcer le soutien à la recherche sur la fusion", avec pour objectif que "le premier réacteur de fusion au monde soit construit en Allemagne".
La France mène également des recherches dans ce domaine avec une autre technologie, la fusion magnétique, à travers le projet Iter.
Initialement prévue pour 2025, la production du premier plasma (gaz chaud) d'Iter, confronté à des retards et surcoûts considérables, a été reportée à au moins 2033.