Le charbon au cœur du mix électrique indonésien
Au cours de la dernière décennie, la consommation de charbon dans le secteur électrique indonésien a quasiment doublé, alerte le think tank Ember dans son dernier rapport consacré à ce pays.
En 2023, les énergies renouvelables (installations hors réseau comprises) ont compté pour seulement 19% du mix électrique de l'Indonésie, avec une production annuelle de 65 TWh.
En l'absence de réacteur nucléaire, les 81% restants ont été générés par des centrales à combustible fossile, le charbon constituant de loin la première source d'électricité du pays (62% en 2023 avec une production annuelle de 217 TWh, soit plus de 3 fois plus que l'ensemble des filières renouvelables réunies).
Plus de renouvelables et une meilleure utilisation des centrales à charbon
Selon le ministère indonésien en charge de l'énergie et des ressources minières, la consommation nationale d'électricité pourrait croître de 4,8% à 5,2% par an d'ici à 2060 (et atteindre à cet horizon 1 846 à 2 152 TWh(1)). Or, l'Indonésie envisage d'atteindre la neutralité carbone à l'horizon 2060 et que ses émissions de gaz à effet de serre atteignent un pic dès 2035.
Pour limiter la construction de nouvelles centrales à charbon, Ember souligne le besoin d'optimiser le fonctionnement des installations en service(2): le facteur de charge moyen des centrales à charbon en Indonésie est actuellement de 49% alors que le plan décennal pour l'électricité (RUPTL) mise sur un niveau de 64% à 73%.
Dans ce plan décennal portant sur la période 2021-2030, l'Indonésie prévoit que 52% des nouvelles capacités électriques d'ici 2030 proviendront d'installations renouvelables (+ 21 GW). Ember appelle à investir dans des programmes massifs d'énergies renouvelables dans les régions charbonnières à l'origine de très importantes émissions de gaz à effet de serre.
Sources / Notes
- Soit 5 à 6 fois plus que le niveau de la consommation actuelle.
- Si les centrales à charbon déjà en service fonctionnent de façon efficace, l'Indonésie pourrait être en situation de surproduction d'électricité si le pays persiste à vouloir construire de nouvelles installations (qui seraient en outre des actifs « échoués »).