La France produit toujours plus d'électricité bas carbone

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La production d'électricité en France est revenue près de ses niveaux d'avant-Covid en 2024 grâce au "redressement rapide" du nucléaire et à une production renouvelable record qui lui a permis de franchir pour la première fois le seuil de 95% d'électricité d'origine bas carbone.

« Plus haut niveau depuis 5 ans »

"En 2024, la France a retrouvé des niveaux importants de production d'électricité et battu plusieurs records", souligne RTE, gestionnaire du réseau de haute tension, dans un bilan publié lundi.

Avec 536,5 TWh, la production d'électricité française a atteint "son plus haut niveau depuis 5 ans", retrouvant ainsi "un niveau identique à celui de 2019, conforme à la moyenne 2014-2019 (537,5 TWh)", selon ces chiffres.

Cette progression de 8,45% par rapport à 2023 découle de plusieurs facteurs. Le "redressement rapide" du nucléaire (361,7 TWh) s'est poursuivi après un début de reprise en 2023. L'année noire de 2022 avait été marquée par une production historiquement basse depuis 30 ans (279 TWh), des problèmes de corrosion ayant conduit à fermer pour vérification ou réparation de nombreux réacteurs du parc nucléaire.

A cela s'ajoutent "une production hydraulique exceptionnelle", au plus haut depuis 2013 (74,7 TWh) alors que des records de pluviométrie ont été atteints par certains endroits en France ainsi qu'une "croissance soutenue de la production des filières éolienne et solaire (70 TWh en 2024, contre 46 TWh en 2019)".

Les fossiles au plus bas

Là encore c'est une première, souligne RTE: la production renouvelable "a atteint un record de 148 TWh", dont environ un tiers provenait de l'éolien (46,6 TWh).

A contrario, en 2024 la France n'a jamais produit aussi peu d'électricité à partir de centrales fossiles (gaz, charbon, fioul) depuis des décennies: il s'agit de "son niveau le plus faible depuis le début des années 1950 (19,9 TWh)", représentant "pour la première fois", un niveau cumulé inférieur à la production solaire (23,3 TWh).

La France, qui prévoit d'abandonner ses centrales à charbon en 2027, a produit 0,7 TWh d'électricité à partir de ce combustible très polluant et émetteur de gaz à effet de serre, 1,8 TWh à partir de fioul et 17,4 TWh en centrales en gaz, moins qu'en 2023 (29,2 TWh).

Forte du nucléaire historiquement dominant en France et de la croissance des renouvelables, la production bas carbone française a ainsi "atteint pour la première fois le seuil de 95% de l'électricité produite en France", contre 92,2% en 2023, précise RTE.

Le nucléaire toujours en tête

Le nucléaire reste la première source de production électrique, pour une part de 67,41%, devant les renouvelables (éolien, solaire, barrages, biomasse), qui comptent pour 27,6% dans le bouquet de production électrique, bien loin des niveaux atteints en Allemagne ou au Royaume-Uni.

En Allemagne, où le nucléaire a disparu du bouquet de production pour la première fois en 2024, cette part de production décarbonée a battu un nouveau record de 59%, uniquement à partir de renouvelables, selon le régulateur allemand.

Au Royaume-Uni, qui a fermé sa dernière centrale en charbon en septembre dernier, cette part bas carbone a, elle, atteint un record de 58%, dont 45% en renouvelables et 13% en nucléaire, selon une étude de Carbon Brief.

La France mène depuis plusieurs années un bras de fer avec Bruxelles, en mettant en avant son énergie nucléaire, bas carbone à l'instar des renouvelables, pour remplir les objectifs climatiques.

Selon RTE, l'intensité carbone de la production d'électricité française a été de 21,3 grammes d'équivalent CO2 par kWh, près d'un tiers de moins qu'en 2023. "Il s'agit de l'une des plus basses au monde", a indiqué RTE.

"Ces performances confirment l'atout que constitue le système électrique français pour la décarbonation de l'économie française au sens large (qui dépend encore à 60% d'énergies fossiles et importées) et sa réindustrialisation", a déclaré RTE.

Commentaires

Phiilippe Charles
Quoi ?! En Allemagne, où le nucléaire a disparu du bouquet de production pour la première fois en 2024, la part de production décarbonée a battu un nouveau record de 59%, uniquement à partir de renouvelables ? C'est pas vrai ? Mais alors on peut faire en sorte que le nucléaire devienne minoritaire dans le bouquet ? Ce ne serait qu'une question politique ? De choix ?
Philippe Gx
Bonjour Je vous suis. Un système éléctrique ne peut pas fonctionner avec uniquement des ENRi à cause de leur intermittence ; c'est physique. Il n'y aurait qu'une solution ; ce serait du stockage de masse, mais on se sait pas faire. Seule l'hydraulique permet de stocker une énergie potentielle en quantité dans des retenues et l'utiliser à la demande, en particulier pour assurer l'équilibre du réseau. L'Allemagne n'y échappe pas ET, pour solutionner l'intermittence de son mix achète chez ses voisins, dont la France. Les ENRi rapportent aux investisseurs, beaucoup, ET ce sont les consommateurs qui payent les surcoûts d'adaptation des réseaux pour les rendre bi-directionnels. Mais çà les consommateurs ne le savent pas. Et il y a aussi les subventions, le principe de la priorité à l'injection, le merit order...Et pour finir, les "mauvaises langues" disent que l'Allemagne auraient oeuvré avec l'Europe pour démanteler le système énergétique intégré français pour annihiler notre avantage économique avec un kWh le moins cher d'Europe et aussi la quasi totalité de la planète (hors Canada par exemple grâce à son hydraulique). "Je me demande" si les politiques français ne sont pas faits berner ! Ou alors se sont "trompés" dans leur négociations ? Voilà, voilà...
BONNET
On peut continuer à installer des ENRi à condition d'être d'accord : - payer plus cher son électricité (il faut bien financer par des subventions aux investisseurs sinon ils ne construisent pas). Les taxes qui financent les ENRi ont augmenté de 7 à 800% depuis 10 ans. Vérifiable sur la facture du particulier. Et des tas de subventions par les collectivités mocales sont passées directement dans nos impôts ou la dette de notre pays. - accepter le risque de black-out avec la gestion de l'intermittence : c'est ce qui se passerait si les moyens pilotables ne pouvaient pas suivre la pente de variation des ENRi dans une journée. - Mettre des batteries comme le suggèrent certains : mais alors il faudrait payer encore plus et artificialiser énormément de sol (pas sur que ce soit très écolo) - voir le cas de l'Allemagne qui indispose ses voisins (Suède-Norvège-Finlande) en reportant sur eux la gestion de leur intermittence.
tricot
Vous avez raison : les ENR nécessitent un mix énergétique, interconnecté, stockable, foisonnant. (Les adeptes du nucléaire à l'EPR et spaceX, vous assureront que c'est technologiquement accessible, pour résumer [[Occupation des sols : effectivement le PV ne doit pas remplacé les fôrets, mais vous les maires de France, non écolo, ont sacrifié des millions de m2 cultivable/verts, pour des bulletins de vote pavillonnaire]].
Sur les coûts, vous comparez des solutions (subventionnées oui, voir les TRI tout de même) et le nucléaire financé depuis 75 ans, et pour longtemps, par de l'argent public. Passons sur les excédents pour l'état (et contribuable) des ENR en 2022/2023 et leur facteurs, mais vous omettez pour le nucléaire la R et D (coût Colossal : CEA, etc.) ; l'armé de Terre (l'exploitation au Niger s'arrête avec le départ de l'armée (coût colos-sale, et non inclue dans le Bilan Carbone de Janco) ; les surcoûts (Flamanville, etc).
Bref, je remercie le nucléaire sincérement, mais j'ouvre mon intellect à un mix énergie diversifié et résilient. Résilient, c'est quand on ne ferme pas une centrale nucléaire l'été, car les fleuves dépassent les réglementations de 27°C (la solution a été de réhausser les seuils d'eutrophisation), sans parler des centrales de désalinisation. On parle de 1.26 Milliard m3/an d'eau douce évaporé, suivant les territoires çà peut être problématique. Et la vapeur d'eau, quand il fait chaud, c'est de l'effet de serre, mais pas pour Janco. Cela dit, on a besoin du nucléaire aussi. A bon entendeur.

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