Coûts de construction et d’exploitation
Pour calculer le coût total de la production nucléaire de l’exploitant, il est nécessaire d’additionner les investissements passés, les charges d’exploitation actuelles ainsi que les coûts futurs de démantèlement ou de charges d’exploitation (gestion des combustibles usés et déchets). La Cour des Comptes qui s’est basée sur les comptes d’EDF, livre une partie de ses coûts :
- 96 milliards d’eurosparc français actuel de 58 réacteurs. Ce parc ayant une puissance installée de 62 510 MW, soit 62,51 GW, le coût de construction atteint près 1,5 million d’euros au MW. Ce coût de construction augmente au fil du temps en raison de l’exigence croissante des référentiels de sécurité ;
- 8,95 milliards d’euros ;
- 6 milliards d’eurosl’EPR de Flamanvillee ;
- 49,5 euros.
Charges futures de démantèlement et de gestion des déchets
- 37,4 milliards d’euros ;
- 18,4 milliards d’euros.
Impact de Fukushima et avenir de la filière française
Suite à l’accident de Fukushima, l’ASN a réclamé des évaluations complémentaires de sûreté, dont une partie avait déjà été anticipée dans le programme d’investissements de maintenance d’EDF. Ce programme d’investissements sur la période 2011-2025 devrait toutefois être rehaussé de 5 milliards d’euros à hauteur de 55 milliards d’euros, précise la Cour des Compte. Cela représente donc pour EDF des investissements de maintenance de près de 3,7 milliards d’euros par an (contre 1,7 milliard d’euros en 2010).
Le coût de production de la filière électronucléaire devrait sensiblement augmenter de 10 à 15% d’ici à 2025 en raison de cette hausse des investissements annuels de maintenance. Le prix du MWh devrait, en revanche, peu croître si le coût de démantèlement du parc est revu à la hausse.
Le point fondamental à préciser reste la composition future du parc électrique français. D’ici à fin 2020, 22 des 58 réacteurs français auront atteint 40 années de fonctionnement. Pour maintenir une production électrique correspondante, il est possible d’envisager une évolution du mix électrique français (une ambition de long terme), de construire 11 EPR d’ici à 2022 (une option « très peu probable » selon la Cour des Comptes) ou de prolonger la durée de vie des centrales actuelles. Comme le rappelle la Cour, le choix entre ces différentes options ne devra pas tarder, eu égard au délai « particulièrement long » entre la prise de décision dans de domaine et ses effets. En outre, la prise en compte des externalités « non chiffrables » (impact sur l’environnement, la santé, l’emploi ou encore la balance commerciale) rend le futur arbitrage politique plus délicat encore.
Notons que des financements sont également apportés à la recherche pour disposer de nouvelles alternatives à plus long terme. Avec 414 millions d’euros en 2010, l’Etat apporte la plus grande partie de ces financements (près d’un milliard d’euros en 2010). Le programme « nucléaire du futur » fait notamment partie des investissements d’avenir. Doté de 650 millions d’euros entre 2011 et 2017, il vise à financer l’avant projet d’Astrid, démonstrateur en vue du développement possible de réacteurs de 4e génération.