Ukraine et Russie s'accusent de violations de leur moratoire sur les frappes contre le secteur énergétique

  • AFP
  • parue le

L'Ukraine et la Russie se sont mutuellement accusées jeudi d'avoir violé un fragile accord censé interdire les frappes sur leurs installations énergétiques, négocié sous la pression de Washington.

L'artillerie russe a tiré jeudi sur la ville de Kherson, dans le sud de l'Ukraine, privant d'électricité la plupart de ses habitants et faisant deux morts, a accusé un haut responsable ukrainien auprès de l'AFP.

Ce bombardement "ne semblait pas viser le secteur de l'énergie mais celui-ci a été touché", a expliqué ce responsable, s'exprimant sous couvert d'anonymat.

"Cela soulève une vraie question sur les limites du cessez-le-feu, sur son contrôle", a-t-il ajouté.

L'Ukraine considère ces tirs d'artillerie contre Kherson comme une "violation évidente" du moratoire, a noté cette source.

Après plusieurs jours de négociations séparées avec Ukrainiens et Russes en Arabie Saoudite, la Maison Blanche a diffusé mardi deux communiqués évoquant le moratoire sur les frappes contre des sites énergétiques. Mais aucune date précise n'y était évoquée, ni aucune condition.

D'après ces documents, les parties ont convenu de prendre "les mesures pour la mise en oeuvre (...) de l'accord sur l'interdiction des frappes contre les installations énergétiques" dans les deux pays.

- "Pas vraie" -

Plus tôt, le ministère russe de la Défense avait accusé l'Ukraine d'avoir visé trois installations énergétiques en Russie et en Crimée, une péninsule ukrainienne annexée, ce que Kiev avait démenti dans la foulée.

"En dépit des déclarations du régime de Kiev sur une prétendue cessation des frappes sur les installations énergétiques russes, les forces armées ukrainiennes ont continué d'effectuer des frappes contre des infrastructures énergétiques au cours des dernières 24 heures", a affirmé le ministère russe de la Défense dans un communiqué.

Ces attaques de drones ou d'artillerie se seraient produites entre mercredi et jeudi dans la région de Briansk, frontalière de l'Ukraine, et en Crimée.

Cette "déclaration du ministère russe de la Défense n'est pas vraie", a répondu le commandement de l'armée ukrainienne dans un communiqué sur Facebook.

Moscou avait déjà accusé mercredi l'Ukraine de bombardements les 25 et 26 mars d'installations énergétiques russes.

Un haut responsable ukrainien, s'exprimant sous couvert d'anonymat auprès de l'AFP, avait quant à lui affirmé plus tôt que ni la Russie ni l'Ukraine n'avaient visé des sites énergétiques depuis le 25 mars, jour où les Etats-Unis avaient annoncé l'accord en vue d'un moratoire sur les attaques contre de tels sites.

Il s'exprimait avant l'attaque contre Kherson jeudi.

En revanche, "entre le 18 et le 25 mars, il y a eu huit frappes (russes contre des cibles énergétiques en Ukraine), deux avec des bombes aériennes et six avec des drones", a dit cette source.

Vladimir Poutine avait annoncé le 18 mars un moratoire immédiat de 30 jours sur les frappes contre des sites énergétiques ukrainiens, à l'issue d'une conversation téléphonique avec son homologue américain Donald Trump. Le président russe avait alors refusé une proposition américaine de cessez-le-feu inconditionnel d'un mois, une trêve que Kiev avait acceptée.

L'assaut russe contre l'Ukraine, qui a fait des centaines de milliers de morts et de blessés, y a provoqué des destructions massives depuis 2022, ravageant notamment son réseau énergétique et plongeant dans le noir et le froid des millions de ses citoyens.

En réponse, l'armée ukrainienne attaque régulièrement à l'aide de drones des infrastructures énergétiques sur le territoire russe, le plus souvent des raffineries et des dépôts de carburants, assurant que ceux-ci servent à approvisionner l'armée russe.

Ajouter un commentaire

Undo Redo Enlarge Shrink List-numbered List bullet Bold Underline Italic Strike through Link Clear-formatting Horizontal rule