Production de pétrole : des accords OPEP et « hors OPEP » (novembre/décembre 2016)
Après plusieurs réunions durant l'année 2016, onze pays membres de l’OPEP ont conclu le 30 novembre un accord visant à réduire leur production globale de pétrole brut d’environ 1,2 million de barils par jour (Mb/j) à partir du 1er janvier 2017(1) (ramenant la production de l’OPEP à un niveau de 32,5 Mb/j). L’effort le plus important de réduction provient de l’Arabie Saoudite (- 0,5 Mb/j) qui avait déclaré dès le début de l'année ne pas vouloir être le seul grand producteur à réduire sa production pour faire remonter les cours.
Le 10 décembre, onze autres pays n’appartenant pas à l’OPEP ont convenu de contribuer à cet effort en réduisant leur production cumulée de 558 000 barils par jour. Plus de la moitié de cette baisse est censée être assurée par la Russie (- 0,3 Mb/j).
Ces baisses conjointes de production devraient accélérer le rééquilibrage entre l’offre et de la demande sur les marchés pétroliers. Suite à l’annonce de ces deux accords, les cours du brut sont remontés au-dessus de la barre des 50 $ par baril. Le cours du baril de Brent atteignait 55,5 $ au 21 décembre 2016(2), contre 30,7 $ en moyenne en janvier 2016.
Évolution des cours du baril de Brent (©Connaissance des Énergies)
Transition énergétique en France : la PPE publiée (octobre 2016)
En France, la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) a été officiellement adoptée le 28 octobre 2016 avec la publication d'un décret au Journal officiel. Cette feuille de route précise les objectifs de développement des différentes filières énergétiques en France et constitue le principal outil de pilotage de la transition énergétique avec la stratégie nationale bas-carbone (qui porte sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre).. Elle vise entre autres à réduire la consommation d’énergies fossiles dans le pays(3) et à accélérer le développement des énergies renouvelables productrices d’électricité.
Les objectifs des trois principales filières renouvelables productrices d’électricité sont :
- pour l’hydroélectricité (incluant l’énergie marémotrice ;
- pour l’éolien terrestre : 15 GW d’ici à fin 2018 et entre 21,8 GW (option basse) et 26 GW d’ici à fin 2023 (10,3 GW à fin 2015) ;
- pour le solaire : 10,2 GW d’ici à fin 2018 et entre 18,2 GW et 20,2 GW à fin 2023 (6,2 GW à fin 2015).
Pour rappel, les unités de production de ces différentes filières ont des facteurs de charge très différents, notamment en fonction de l’intermittence ou non de leur ressource mais aussi de leur niveau d’utilisation et de leur localisation.
Précisons que la publication de la PPE a été retardée de plusieurs mois par rapport au calendrier initial, notamment en raison de désaccords sur la question du nucléaire. La loi de transition énergétique fixe pour objectif de ramener la part de cette énergie dans la production électrique française à 50% à l’horizon 2025 (contre 76,3% en 2015) mais les modalités pour « rééquilibrer » le mix de production restent toujours à préciser. La PPE n’a pas clairement tranché cette question et a chargé EDF d’établir dans un délai maximal de six mois un plan stratégique compatible avec cet objectif. Seule la fermeture des deux réacteurs de la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin) est inscrite dans la synthèse de la PPE.
Accord de Paris, élection de Trump, COP22… : quelle dynamique pour le climat ? (année 2016)
Plusieurs éléments ont indiqué que la dynamique de la COP21 ne s’était pas « rompue » en 2016. L’Accord de Paris est entré en vigueur en un temps record, le 4 novembre 2016, un mois après l’atteinte du seuil de ratification (55 pays comptant pour au moins 55% des émissions mondiales de gaz à effet de serre). Certaines décisions politiques des principaux émetteurs de gaz à effet de serre ont également été accueillies comme des signaux positifs dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique : prolongation des crédits d’impôts pour les énergies renouvelables aux États-Unis, fermeture de mines de charbon en Chine, etc.
Mi-octobre, les 197 États signataires du protocole de Montréal se sont par ailleurs engagés à Kigali à réduire progressivement l'utilisation d'hydrofluorocarbures (HFC), des gaz à très fort effet de serre, principalement utilisés comme réfrigérants.
L’élection de Donald Trump aux États-Unis le 8 novembre a toutefois suscité une forte inquiétude, compte tenu de son intention affichée de faire marche arrière en matière de réglementations environnementales (Clean Power Plan en tête). De nombreux observateurs ont espéré que le futur 45e Président américain se montre plus nuancé vis-à-vis du réchauffement climatique après son élection mais les nominations récentes du climato-sceptique Scott Pruitt à la tête de l'Agence de protection de l'environnement (EPA) et de Rick Perry comme secrétaire américain à l'Énergie ne semblent pas aller dans ce sens.
La COP22, qui s’est tenue à Marrakech du 7 au 18 novembre, a par ailleurs frustré les ONG qui dénoncent encore un manque d’ambition. Les discussions des négociateurs portent encore sur la mise en œuvre concrète de l’Accord de Paris. En fin de Conférence, les 197 délégations se sont fixés pour objectif de finaliser ces discussions et les règles de mise en œuvre dudit accord lors de la COP24 en novembre 2018.
Quatre regards sur les événements marquants de l'année 2016
- « Le feuilleton de l'OPEP » - Olivier Appert (Président du Conseil français de l’énergie)
la réunion informelle à Alger le 28 septembre
; - La pollution atmosphérique urbaine - François Chabannes (Directeur de la publication de Connaissance des Énergies)
en Indeen Europe centrale
; - Le développement du gaz naturel dans les transports publics - Samuele Furfari (Maître de conférences à l'Université libre de Bruxelles)
gaz naturel liquéfié (GNL)
; - L'autoconsommation - Arnaud Gossement (Avocat spécialiste du droit de l’environnement)
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Et vous, que retiendrez-vous de 2016 ?
Nous vous invitons à retrouver ci-dessous quelques-uns de nos articles d’actualité les plus consultés en 2016 et à poursuivre la discussion sur nos réseaux sociaux :
- Autolib’ fête ses 5 ans de mobilité électrique en plein pic de pollution (6 décembre 2016) ;
- Parc éolien mondial : état des lieux et perspectives (18 octobre 2016) ;
- Efficacité énergétique : des gains encore insuffisants selon l'AIE (10 octobre 2016) ;
- Un œil sur la distribution de carburants en France (27 mai 2016) ;
- Interview : état des lieux 30 ans après l’accident de Tchernobyl (26 avril 2016) ;
- Charbon : quelles perspectives pour « l’ennemi climatique n°1 » ?(8 janvier 2016).
Sources / Notes
- Par rapport au niveau d'octobre 2016.
- Cours à l’ouverture.
- Objectif de réduction de 30% de la consommation d'énergies fossiles d’ici à 2030 par rapport en 2012 (en énergie primaire).