
Le Kazakhstan est l'un des 23 pays membres de l'OPEP+.
L’« OPEP+ » désigne un groupe de 23 pays producteurs de pétrole : les 13 pays membres de l’OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole) et 10 autres producteurs, dont la Russie. Ces pays se concertent régulièrement depuis fin 2016 afin de soutenir les cours du pétrole en mettant en commun leurs efforts de réduction de la production. Ils ont pour près de la moitié de la production mondiale de pétrole (48,4% en 2024 selon l'AIE(1)).
Pays membres de l'OPEP et de l'OPEP +
Les 13 pays membres de l’OPEP sont, par ordre de production :
- l’Arabie saoudite (11,4 Mb/j de pétrole en 2023 selon l'Energy Statistical Review of World Energy 2024(2), soit 11,8% de la production mondiale de pétrole) ;
- l’Iran (4,7 Mb/j en 2023, 4,8%) ;
- l’Irak (4,4 Mb/j en 2023, 4,5%) ;
- les Émirats arabes unis (3,9 Mb/j en 2023, 4,1%) ;
- le Koweït (2,9 Mb/j en 2023, 3%) ;
- le Nigéria (1,5 Mb/j en 2023, 1,6%) ;
- l’Algérie (1,4 Mb/j en 2023, 1,5%) ;
- la Libye (1,3 Mb/j en 2023, 1,3%) ;
- l’Angola (1,15 Mb/j en 2023, 1,2%) ;
- le Venezuela (0,9 Mb/j en 2023, 0,9%) ;
- le Congo (0,3 Mb/j en 2023, 0,3%) ;
- le Gabon (0,2 Mb/j en 2023, 0,2%) ;
- la Guinée équatoriale (0,09 Mb/j en 2023, 0,1%).
Pays membres de l'OPEP + mais pas de l'OPEP
Les 10 autres pays producteurs réunis au sein de l’OPEP+ mais non membres de l’OPEP sont, toujours par ordre de production :
- la Russie (11,1 Mb/j de pétrole en 2023, soit 11,5% de la production mondiale de pétrole) ;
- le Mexique (2,0 Mb/j en 2023, 2,1%) ;
- le Kazakhstan (1,9 Mb/j en 2023, 2%) ;
- Oman (1,05 Mb/j en 2023, 1,1%) ;
- l’Azerbaïdjan (0,6 Mb/j en 2023, 0,6%) ;
- la Malaisie (0,6 Mb/j en 2023, 0,6%) ;
- Bahreïn (autour de 0,2 Mb/j en 2023, 0,2%) ;
- le Soudan du Sud (0,1 Mb/j en 2023, 0,2%) ;
- Brunéi (0,09 Mb/j en 2023, 0,1%) ;
- le Soudan (0,06 Mb/j en 2023, 0,1%).
La production de référence de l'OPEP+ indiquée ne comprend pas l'Iran, la Libye et le Venezuela qui ne sont pas concernés par l'effort de réduction de leur production.
Genèse : comment s'est formée l'OPEP+ ?
L'OPEP+ est une coalition formée fin 2016 par les membres de l'OPEP (Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole) et 11 autres pays producteurs de pétrole (la Guinée équatoriale est depuis devenue membre de l'OPEP en mai 2017).
La Déclaration de coopération(3) signée le 10 décembre 2016 entre ces pays prévoyait « un effort concerté pour accélérer la stabilisation du marché pétrolier mondial ». Prévue à l'origine pour une période de 6 mois, cette coopération a depuis été renouvelée à de multiples reprises.
Lors de la 38e réunion ministérielle des pays de l'OPEP+ le 5 décembre 2024 (« ONOMM » en anglais), les parties prenantes ont convenu de prolonger la Déclaration de coopération jusqu'à fin 2026(4).
Objectifs : quel est le rôle de l'OPEP+ ?
L'objectif principal des membres de cette coalition est d'ajuster collectivement et de façon concertée les niveaux de leurs productions de pétrole afin de peser sur les cours des marchés pétroliers mondiaux, réduire la volatilité du marché, et assurer des revenus stables pour les pays producteurs.
Des révisions régulières des niveaux de production
Lors de leurs réunions très attendues, les membres de l'OPEP+ décident principalement de prolonger ou d'ajuster des quotas de production pour chaque pays membre. Ces décisions sont prises en fonction de diverses considérations, tels que le niveau de la demande mondiale de pétrole, l'état des stocks mondiaux, les conditions économiques mondiales ou encore les objectifs financiers des pays membres. En ajustant ces quotas, l'OPEP+ cherche à contribuer à équilibrer l'offre et la demande sur le marché pétrolier, afin de maintenir des prix du pétrole à des niveaux jugés acceptables en fonction de leurs objectifs.
Les membres de l'OPEP+ ont un intérêt à vendre le baril au prix le plus élevé (en réduisant l'offre), mais les pays importateurs, souvent occidentaux, influent autant que possible pour faire baisser ses prix. En outre, la production de pétrole des États-Unis (1er producteur mondial) est un levier important.
Le JMMC (Joint Ministerial Monitoring Committee) suit la conformité des niveaux de production par rapport aux engagements des producteurs de l'OPEP+. Cet organe n'a pas de pouvoir décisionnaire quant à une augmentation ou une réduction des quotas de production mais fait des recommandations servant de base aux mesures prises lors des réunions ministérielles de l'organisation. Il peut également convoquer une réunion plénière s'il l'estime nécessaire. La prochaine réunion du JMMC (la 59e) est prévue le 5 avril 2025.
Des engagements différents selon les pays
Ces efforts de plafonnement de la production varient dans le temps selon les producteurs(5). L'Iran, la Libye et le Venezuela ont par exemple été autorisés à être exemptés de quotas en raison des difficultés rencontrés : lors de leur réunion d'avril 2021, les 20 autres pays au sein de l'OPEP+ s'étaient par exemple engagés à limiter leur production cumulée de pétrole brut à 37,3 Mb/j en mai 2021, soit près de 15% de moins que leur « production de référence » (niveau d'octobre 2018, sauf pour l'Arabie saoudite et la Russie, pays pour lesquels la production « de référence » est fixée à 11 Mb/j).
Lors des périodes de baisse de prix, comme lors de la « période de grand stress » de 16 mois entre janvier 2015 et août 2016 (le prix du baril ayant chuté sous la barre des 30 $/l début 2016), hormis le Venezuela très dépendant, les principaux producteurs de l’OPEP+ ont réussi à traverser cette période critique pour leurs finances.
Quel poids ?
Chaque annonce de l'OPEP+ est suivie sur tous les marchés internationaux et dans toutes les chancelleries. Les deux contrats de référence du brut, cotés à New York et Londres (le WTI américain et le Brent de mer du Nord), sont très sensibles aux décisions de l'alliance. Des tractations avant et à l'occasion des annonces ont toujours lieu.
Outre l'offre des pays de l'OPEP+, les cours du pétrole dépendent toutefois d'autres critères :
- les tensions géopolitiques, en particulier dans les zones productrices comme au Moyen-Orient ;
- le niveau dela croissance : le pétrole est très exposé en cas de ralentissement de l'économie mondiale. L'activité manufacturière en Chine, reflet de la santé des usines et du monde industriel, a aussi un impact direct, tout comme le niveau d'inflation et la capacité des États à la contrôler. L'inflation peut réduire la demande de pétrole et faire plonger les cours en cas de surproduction ;
- lestaux de change : un dollar faible favorise les achats de pétrole souvent libellés dans la devise américaine, une appréciation de cette devise décourage au contraire les achats (en diminuant le pouvoir d'achat des acheteurs utilisant des devises étrangères).
Des intérêts pas toujours convergents
Tous les pays membres n'ont naturellement pas toujours les mêmes intérêts politiques, ni le même poids. Riyad et Moscou sont les piliers du groupe (en tant que principaux producteurs de cette alliance).
Lors de la pandémie de Covid-19, deux lignes se sont par exemple confrontées au sein de l'alliance : l'approche de l'Arabie saoudite, qui passait par le maintien en l'état des coupes de production (pour soutenir les prix à court terme), et la tentation de la Russie de réinjecter jusqu'à 500 000 barils quotidiens sur le marché (pour asphyxier des producteurs aux coûts de revient plus élevés, comme les États-Unis, et gagner ainsi des parts de marché à moyen terme. La première stratégie a finalement été globalement suivie, en raison d'incertitudes autour de la reprise de la demande.
L'Angola, qui s'était vu attribuer fin 2023 un objectif de production inférieur à celui décidé quelques mois précédemment, avait par ailleurs rejeté ce nouveau quota (via une note de protestation auprès du secrétariat général de l'OPEP).
Suite à l'invasion de l'Ukraine, la Russie a rejoint le rang des pays indésirables faisant l'objet de nombreuses sanctions occidentales, aux côtés de l'Iran et du Venezuela.
Impact des annonces de mars 2025
Le 3 mars 2025, 8 pays de l'OPEP+ s'étant précédemment engagés à des ajustements supplémentaires de leurs productions (Arabie saoudite, Russie, Irak, Émirats arabes unis, Koweït, Kazakhstan, Algérie et Oman) ont confirmé leur souhait de remettre sur le marché 2,2 millions de barils par jour (Mb/j) supplémentaires à partir du 1er avril 2025 et jusqu'en septembre 2026.
Concrètement, ces pays envisagent d'accroître leur production cumulée d'environ 120 000 barils quotidiens supplémentaires chaque mois pendant 18 mois. « C'est une nouvelle importante et une surprise intéressante », alors que les cours de l'or noir étaient déjà jugés faibles par les producteurs, a estimé auprès de l'AFP Robert Yawger, de Mizuho USA(6).