L’objectif initial des mécanismes d’effacement est de pouvoir éviter des pics de consommation trop élevés sur le réseau électrique. Ces pics nécessitent en effet de recourir à des unités de production coûteuses et font peser un risque sur la stabilité du réseau. Jusqu’à maintenant, RTE avait recours à des effacements pour limiter ce risque (dans le cadre du mécanisme dit « d’ajustement »).
Dans la loi dite « Brottes » d’avril 2013, un nouveau cadre a été fixé pour valoriser des effacements sur les marchés de l’électricité (pas uniquement durant les pics de consommation). Une expérimentation a été lancée le 18 décembre dernier, suivant les règles dites « NEBEF » (Notification d’Échange de Blocs d’Effacement) proposées par RTE et validées par la CRE.
Le 8 janvier 2014, la papeterie Norske Skog Golbey (NSG), implantée dans les Vosges, a ainsi accepté de réduire son « appel de puissance » de 33,6 MW pendant près de 2 heures, entre 8 heures et 10 heures du matin. Concrètement, elle a ainsi consommé 63 MWh de moins que ce qu’elle prévoyait de consommer initialement. Elle a été rémunérée pour cet effacement. L’électricité « économisée » qui a tout de même été produite a été revendue sur le marché de gros de l’électricité par Smart Grid Energy, l’« opérateur d’effacement ».
Retrouvez ci-dessous la courbe de charge (représentation graphique de la consommation électrique française) du 8 janvier 2014 ainsi que le prix du MWh sur le marché Epex Spot ce jour-là.
La papeterie NSG a réduit sa consommation de 63 MWh entre 8h et 10h. L'opérateur d'effacement Smart Grid Energy a valorisé ce volume d'électricite sur le marché de gros de l'électricité (sans avoir besoin de l'accord du fournisseur d'électricité).
