5 mesures d'ici à 2030

L'AIE appelle, d'ici à 2030, à simultanément :

  • tripler les capacités électriques renouvelables installées dans le monde, sachant que cet objectif à lui seul « laisserait le monde sur la voie d’un réchauffement climatique dangereux, bien au-dessus de 2°C
    ;
  • doubler le rythme des progrès en matière d’efficacité énergétique ;
  • faire en sorte que l'industrie des combustibles fossiles, en particulier les sociétés pétrolières et gazières, prennent des engagements visant à « aligner leurs activités sur l'Accord de Paris
    ;
  • établir des mécanismes de financement à grande échelle pour tripler les investissements dans les énergies « propres » dans les économies émergentes et en développement ;
  • s'engager à prendre des mesures garantissant « un déclin ordonné de l'utilisation des combustibles fossiles2.

Notons que le président de la COP28 Sultan Al Jaber a annoncé ce 2 décembre l'engagement (non contraignant) de 118 pays, soit plus de la moitié des États représentés à la Conférence climat, à « travailler ensemble » pour porter les capacités renouvelables dans le monde à 11 000 gigawatts (GW) à l'horizon 2030, contre 3 372 GW à fin 2022 selon l'Agence internationale pour les énergies renouvelables (Irena).

Rappels sur les mix énergétique et électrique

Pour rappel, les énergies fossiles ont encore compté pour près de 82% de la consommation d'énergie primaire et environ 61% de la production d'électricité dans le monde en 2022. La consommation mondiale de charbon - pourtant décrié pour les émissions importantes de CO2 associées à sa combustion - a en particulier encore augmenté de 0,6% en 2022 et cette filière a compté pour 35,4% de la production mondiale d'électricité l'an dernier.

Le développement des énergies renouvelables s'est quant à lui poursuivi, en particulier dans le secteur électrique : la production d'électricité des filières renouvelables hors hydroélectricité (qui reste de loin la principale filière renouvelable dans le mix électrique mondial) a encore augmenté de 14% en 2022 (après une hausse de 16% en 2021). La Chine occupe toujours une place centrale pour le développement de ces filières, le pays ayant notamment compté pour 37% de l'ensemble des nouvelles installations de capacités solaires dans le monde en 2022 et pour 41% de celles de capacités éoliennes.

Mix énergétique et électrique dans le monde en 2022

Selon le World Energy Transitions Outlook 2023 de l'Irena, les émissions mondiales de CO2 liées à l'énergie devraient être réduites à près de 23 Gt à l'horizon 2030 (contre 36,8 Gt CO2 en 2022) pour espérer limiter le réchauffement planétaire à 1,5°C. Mission impossible alors que DNV envisage, dans son scénario tendanciel, une chute de seulement 4% de ces émissions d'ici à 2030 (avec un pic atteint en 2024) ?

L'Irena poursuit toutefois d'esquisser une trajectoire compatible avec un scénario « + 1,5°C », reposant en grande partie sur des progrès majeurs en matière d'efficacité énergétique et une électrification très rapide reposant sur les filières renouvelables et l'hydrogène « propre ». Concrètement, le scénario « 1,5°C » de l'Irena prévoit, tout comme le scénario « Net Zero by 2050 » de l'AIE, un triplement des capacités renouvelables installées dans le monde entre 2022 (3 382 GW) et 2030 (11 174 GW).

Consulter le commentaire « What does COP28 need to do to keep 1.5 °C within reach? These are the IEA's five criteria for success » de Fatih Birol (30 novembre 2023).