Définition
Elle permet à un particulier ou une entreprise de consommer le courant - et voire la chaleur - qu'il produit pour satisfaire une partie de ses besoins énergétiques. Lorsqu'elle est collective, elle rassemble plusieurs consommateurs (particuliers, immeubles, bâtiments tertiaires, entreprises, etc.) qui se partagent l'électricité qu'ils produisent.
Les excédents de production peuvent être stockés dans des batteries pour une utilisation ultérieure ou être injectés dans le réseau moyennant une compensation financière.
Les sources d'autoproduction
Autoconsommation solaire (photovoltaïque et thermique)
L'autoconsommation solaire photovoltaïque consiste à utiliser l'électricité produite par des panneaux solaires installés sur un toit ou sur le terrain de l'utilisateur. Elle est particulièrement avantageuse pour les régions ensoleillées.
L'autoconsommation solaire thermique se réfère à l'utilisation de panneaux solaires thermiques pour chauffer de l'eau ou des fluides pour des usages domestiques ou industriels. Ces systèmes captent la chaleur du soleil à l'aide de capteurs thermiques et la transfèrent à un fluide caloporteur qui chauffe l'eau dans un réservoir.
Autoconsommation éolienne
L'autoconsommation éolienne implique l'utilisation de petites éoliennes installées sur le site de l'utilisateur pour produire de l'électricité à partir du vent. Les systèmes d'autoconsommation éolienne sont souvent utilisés dans les zones rurales ou les sites éloignés où le potentiel éolien est élevé.
Si elle a l'avantage la possibilité de générer de l'électricité de manière continue, y compris la nuit, l'éolienne nécessite des conditions de vent favorables et un espace suffisant et est souvent moins rentable qu'un panneau photovoltaïque.
Intérêts
L’autoconsommation électrique n’implique pas nécessairement la recherche d’une autosuffisance, qui nécessite des solutions de stockage et de pilotage optimal des consommations à domicile. Elle répond principalement à des motivations d’ordre économique : compte tenu de la hausse du prix de l’électricité, un consommateur peut potentiellement réduire sa facture ainsi qu’amortir son investissement initial et au-delà. Le taux de couverture désigne la part de sa consommation qui est couverte par sa production.
À l’échelle d’un réseau, l’autoconsommation pourrait permettre de diminuer les investissements dans de nouvelles infrastructures en diminuant l’appel de puissance maximal. Elle nécessite toutefois une gestion plus fine de l’équilibre offre/demande de la part des gestionnaires de réseaux. En outre, le réseau électrique français, très centralisé avec une prédominance de la production nucléaire, se trouve confronté à d’importants défis face à l’intégration croissante d’unités de production décentralisée. Bien qu’encore émergente, l’autoconsommation pousse à s’interroger sur la future place du réseau électrique et de sa rémunération pour les différents services rendus (en particulier la garantie d’un approvisionnement sûr en continu), dont profitent toujours les autoconsommateurs.
Un boom des installations d'autoconsommation en France
Longtemps peu développée en France, contrairement à l’Allemagne, l’Italie ou l’Espagne où elle a fait l’objet d’aides publiques plus tôt, la consommation est en plein boom en France.
La barre des 500 000 producteurs photovoltaïques en autoconsommation raccordés au réseau d'ENEDIS a été atteinte au deuxième trimestre 2024, ce qui représente une augmentation de 80 % sur un an. Ces installations ont une puissance cumulée d'environ 2 600 MW, équivalant à celle d'environ deux réacteurs nucléaires. Près de 100 000 projets sont en cours.
Quelles démarches pour devenir auto-producteur ?
Les plus téméraires peuvent faire toutes les démarches eux-mêmes, mais il est possible d'opter pour des offres globales d'autoconsommation clé-en-main.
Étape 1 : Évaluation et Planification
Tout le monde ne peut pas produire son électricité. Par exemple, ce n'est pas possible si vous n'êtes pas propriétaire de votre logement. Aussi, les petits consommateurs ont peu d'intérêt économique à autoconsommer.
Évaluation de la faisabilité
- Site et orientation ;
- Surface disponiblekilowatt-crête (kWc) ;
- Ombres et obstacles.
Estimation des besoins énergétiques
- Consommation actuelle ;
- Dimensionnement du système.
Étape 2 : Sélection et Achat des équipements
C'est probablement la phase la plus importante. La plupart des offres et fournisseurs englobent ces services.
Choix des panneaux solaires
- Type de panneaux ;
- Efficacité et garantie.
Autres composants
- Onduleurcourant continu (CC) produit par les panneaux en courant alternatif (CA) ;
- Système de montage ;
- Batterie.
Choix de l'installateur
Obtenez des devis de plusieurs fournisseurs et installateurs certifiés RGE (Reconnu Garant de l’Environnement) et possédant une assurance responsabilité civile professionnelle.
Choix de l'éventuelle offre de revente
L'électricité non consommée et injectée sur le réseau est vendue via un contrat d’achat entre le producteur et un acheteur. En général, les installations solaires sur toiture bénéficient d'une Obligation d’Achat (OA) par EDF-OA ou par d'autres acheteurs agréés (Engie, Ekwateur par exemple).
Pour les très petites installations (moins de 3 kWc), la loi permet l'injection sans acheteur, où l'électricité est cédée gratuitement au gestionnaire du réseau.
Étape 3 : Demandes administratives et Raccordement
Toute installation de production d’électricité, y compris les kits Plug & Play, doit être déclarée auprès d'Enedis avant sa mise en service, même si aucune électricité n'est injectée sur le réseau, selon l’article L315-7 du code de l’énergie.
Déclaration préalable
Déposez une déclaration préalable de travaux à votre mairie. Certains secteurs peuvent nécessiter une autorisation particulière (zones protégées, bâtiments historiques).
Demande de raccordement
Pour injecter sa production photovoltaïque sur le réseau, un auto-producteur doit déclarer son installation au gestionnaire de réseau, généralement Enedis pour 95 % du territoire français. Cette déclaration prend la forme d'une demande de raccordement. Pour les petites installations (moins de 36 kVA), le producteur peut signer
- une convention d’autoconsommation sans injection (CACSI ;
- un contrat d’accès et d’exploitation (CAE ;
- un contrat unique en injection (CU-I.
Ces installations sont par ailleurs connectées au réseau gratuitement, au contraire des sites revendant l’intégralité de leur production.
Étape 4 : Installation et Mise en service
- Travaux d’installation ;
- Raccordement ;
- Mise en service des équipements.
Étape 5 : Suivi et Maintenance
Suivi de la production
- Outils de monitoring ;
- Factures et économies.
Maintenance régulière
- Inspection visuelle ;
- Nettoyage
; - Contrats de maintenance.
Un cadre législatif incitatif
Pendant longtemps, les particuliers et les entreprises n'étaient pas vraiment incités à se lancer du fait de l'absence de règles claires et d'un intérêt économique limité avec les prix bas de l'électricité et les tarifs attractifs de rachat par EDF du courant produit par les énergies renouvelables.
La loi adoptée le 15 février 2017 a ratifié par le Parlement l’ordonnance du 27 juillet 2016, qui avait pour objet de favoriser l’autoconsommation d’électricité. L’arrêté tarifaire du 9 mai 2017(2) a fixé, pour les installations photovoltaïques en autoconsommation implantées sur bâtiments, un tarif de rachat des surplus d’électricité injectés sur le réseau de 10 centimes d’euros par kWh pour les unités de 9 kWc ou moins (6 c€/kWh pour les autres installations jusqu’à 100 kWc de puissance)(3). Ces tarifs d’achat sont bien inférieurs à ceux prévus dans le cadre d'une revente « totale » de l’électricité produite par une installation photovoltaïque (18,7 c€/kWh pour des installations de moins de 3 kWc sur bâtiment).
Des primes à l’investissement sont également prévues pour les installations en autoconsommation, allant jusqu’à 400 euros par kWc dans le cas de dispositifs de puissance inférieure ou égale à 3 kWc (l'arrêté du 9 mai supprime aussi l’obligation d’intégration au bâti).
La loi du 24 février 2017(4) a parallèlement apporté un cadre juridique à l’autoconsommation dite « collective », impliquant plusieurs producteurs ou consommateurs, par exemple au sein d’un éco-quartier
La Commission de régulation de l’énergie (CRE) a publié le 21 février 2018 une délibération présentant ses recommandations pour favoriser le développement de l'autoconsommation en France, en assurant à ses acteurs « une rentabilité raisonnable et proportionnée aux bénéfices qu’elle apporte au système électrique dans son ensemble ».
En outre, les procédures d'appels d'offres portant sur les installations de production d'électricité renouvelable en autoconsommation ont été un échec en France.
Sources / Notes
- Arrêté du 9 mai 2017 fixant les conditions d'achat de l'électricité produite par les installations implantées sur bâtiment utilisant l'énergie solaire photovoltaïque, d'une puissance crête installée inférieure ou égale à 100 kilowatts telles que visées au 3° de l'article D. 314-15 du code de l'énergie et situées en métropole continentale.
- Pour une durée de 20 ans. Un plafond est précisé par l’arrêté : au-delà de 1 600 h de production à pleine puissance durant l’année, l’électricité est rachetée à 5 c€/kWh.
- Loi n° 2017-227 du 24 février 2017 ratifiant les ordonnances n° 2016-1019 du 27 juillet 2016 relative à l'autoconsommation d'électricité et n° 2016-1059 du 3 août 2016 relative à la production d'électricité à partir d'énergies renouvelables et visant à adapter certaines dispositions relatives aux réseaux d'électricité et de gaz et aux énergies renouvelables.