Ce terme est aujourd’hui principalement employé dans le secteur éolien, où les progrès techniques des dernières décennies incitent à moderniser les premiers parcs installés.
Intérêt des opérations de repowering
Une opération de « repowering » permet de tirer parti des innovations et de remplacer d’anciennes éoliennes par des modèles plus grands, plus puissants et présentant un meilleur rendement(3). Elle permet ainsi d’augmenter la production électrique d’un site, de réduire ses coûts d’exploitation ou encore ses impacts environnementaux.
Une telle opération permet notamment de continuer à exploiter l’énergie éolienne dans les zones disposant des meilleures ressources de vent (où les premiers parcs ont généralement été installés), tout en bénéficiant des infrastructures existantes (voies d’accès, raccordement, etc.) et en limitant les risques d’oppositions locales de type « Nimby ».
Précisons que certains acteurs distinguent les opérations de « repowering » complet et partiel (ex : remplacement des rotors d’éoliennes).
Hausse de la puissance et de la production
Selon France Renouvelables, une éolienne « repowerée » voit en moyenne sa puissance unitaire augmenter de 52% et sa production de 250%(4). Le facteur de charge des installations repowerées progresse ainsi significativement.
Le repowering dans le monde
Au niveau mondial, le marché du repowering s'est à l'origine principalement développé en Allemagne, au Danemark et aux États-Unis.
Au Danemark, l’exploitant Vattenfall a par exemple remplacé en 2014/2015 35 éoliennes de 600 kW exploitées pendant 18 ans au sein du parc de Klim par 22 nouvelles éoliennes de 3,2 MW de puissance unitaire.
Les éoliennes remplacées peuvent être démantelées et recyclées, voire être déplacées sur un autre site plus adapté à leurs caractéristiques ou dans un pays aux réglementations différentes. Les anciennes éoliennes du parc danois de Klim ont par exemple été réinstallées en Italie.
En France
En France, les opérations de « repowering » se développent, sachant que les premiers parcs éoliens ont été raccordés au réseau électrique en 2001. Cette dynamique de repowering « devrait encore s’accélérer dans les prochaines années ».
Selon France Renouvelables, « plus de 124 MW ont été démantelés pour un repowering » entre 2018 et fin 2024. D’ici à 2030, environ 500 éoliennes par an devront être remplacées en France selon EDF Renouvelables(5). Notons que le repowering est la voie privilégiée par la troisième Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3) : ces opérations permettent d’augmenter les capacités en limitant la construction de nouveaux parcs, afin de « concilier acceptabilité » par la population et compétitivité.
Repowering de centrales à charbon en Chine
Le repowering peut également être employé pour désigner l’augmentation du rendement et de la puissance installée d’une centrale hydroélectrique, l'augmentation du rendement d’une centrale à charbon ou encore sa conversion en centrale à gaz ou à biomasse.
Ainsi, le « repowering » de centrales au charbon est très développé en Chine et a un impact positif sur les émissions de gaz à effet de serre de ce pays(6).
Sources / Notes
- Selon l’Ademe, on qualifie aussi de « retrofit » (maintenance lourde) le remplacement de composants d’une unité de production (ex : changement de pales) et de « revamping » (réaménagement) les changements de composants s’accompagnant d’une modification des caractéristiques principales de l’installation (ex : dimensions, puissance).
- Étude sur la filière éolienne française, Ademe, septembre 2017.
- Les éoliennes offshore sont à entraînement direct, sans réducteur, afin de simplifier l'entretien coûteux du train d’engrenages en mer. La tendance évolue également vers des éoliennes terrestres synchrones à entraînement directe, ce qui améliore leur capacité de participer à la stabilité du réseau. Ce choix a un impact majeur sur la consommation d'aimants permanents et donc de néodyme (terre rare).
- Observatoire de l'éolien 2024, France Renouvelables.
- Repowering : Oupia, le premier projet d’EDF Renouvelables en France métropolitaine, EDF Renouvelables.
- Le rendement des centrales passe en moyenne de près de 32% à plus de 45%, ce qui implique une production électrique plus importante pour une même quantité de CO2 émis.