30 milliards d’euros pour le volet « écologie »
Le plan de relance prévoit 100 milliards d’euros de dépenses sur deux ans (2021-2022)(2). Ces sommes proviendront à 40% de l’Union européenne qui propose aux États membres des fonds « mobilisables jusqu’en 2026 et remboursables jusqu’en 2058 ».
Ce plan de relance - « une relance verte » - a été découpé en 3 grands volets(3) dont « l’écologie », à laquelle est consacrée une enveloppe de 30 milliards d’euros(4). Ce volet écologique englobe de nombreuses thématiques : rénovation énergétique, hydrogène « vert », nouvelles mobilités, économie circulaire, décarbonation de l’industrie, transition agricole, etc.
Bâtiments : priorité à la rénovation énergétique
En France, les bâtiments (des secteurs résidentiel et tertiaire) comptent pour plus de 40% de la consommation finale d’énergie(5) et près d’un quart des émissions nationales de gaz à effet de serre(6). Dans les logements, les deux tiers de la consommation d’énergie sont consacrés au chauffage(7).
La rénovation énergétique est régulièrement présentée comme un chantier prioritaire. Sur cette thématique, le plan de relance(8) prévoit entre autres :
- 4 milliards d’euros(9) ;
- 2 milliards d’euros(10) ;
- 500 millions d’eurosrestructuration lourde ;
- 200 millions d’euros(11).
Transports : « verdissement » du parc de véhicules
En France, les transports constituent le 2e principal secteur consommateur d’énergie (32% de la consommation énergétique finale(12)) mais de loin le premier secteur émetteur de gaz à effet de serre (40% des émissions nationales de CO2)(13). Précisons que le mode routier compte à lui seul pour plus de 93% de la consommation énergétique de ce secteur.
Le plan de relance prévoit entre autres :
- 4,7 milliards d’eurosune à deux lignes ;
- 1,9 milliard d’euros(14) ;
- 1,2 milliard d’eurosles mobilités du quotidien ;
- 550 millions d’euros(15) ;
- 180 millions d’eurosverdirne sont pas aux normes de la transition écologique(16) ;
- 50 millions d’eurosrésilience.
Hydrogène « vert » et nucléaire
Un axe très commenté du plan de relance est l’objectif de « développer une filière d’hydrogène vert » en France : 2 milliards d’euros sont inscrits dans le nouveau plan pour soutenir des projets (toujours pour les années 2021-2022) et mettre en place un mécanisme de soutien (via un complément de rémunération ou des appels d’offres) pour la production d’hydrogène « vert » produit par électrolyse de l’eau.
Au total, le financement de la stratégie hydrogène française doit s’élever à 7,2 milliards d’euros d’ici à 2030 (les crédits du plan de relance doivent être « complétés » par le 4e programme d’investissements d’avenir « PIA4 »). Pour rappel, la France avait présenté un plan hydrogène de 100 millions d’euros en mai 2018.
L’hydrogène « vert » désigne, dans le plan de relance, l'hydrogène produit avec de l'électricité d'origine « renouvelable » ou « bas carbone » (ce qui inclut le nucléaire). Précisons ici que la production électrique en France métropolitaine était décarbonée à près de 92% en 2019).
Le plan de relance prévoit également une enveloppe de 200 millions d’euros pour soutenir le secteur nucléaire, afin de « maintenir les compétences indispensables à la filière et soutenir la compétitivité des entreprises par leur modernisation », tout en favorisant l’innovation (le projet Nuward(17) de petit réacteur modulaire « SMR » français est cité en exemple). Ce soutien sera également renforcé dans le cadre du 4e programme d’investissements d’avenir(18) (au total, le soutien à la filière doit s’élever à 470 millions d’euros).
Le plan de relance mentionne également 3,4 milliards d'euros d'investissements consacrés à l’innovation dans la « transition écologique »(19).
Sources / Notes
- France Relance, 3 septembre 2020.
- Soit un tiers du budget annuel de l’État français, indique le gouvernement.
- Les deux autres volets du plan sont intitulés « Compétitivité » et « Cohésion ».
- Avec l’objectif affirmé de « devenir la première grande économie décarbonée européenne ».
- 39,1 Mtep pour le résidentiel et 23,8 Mtep pour le tertiaire en 2018 (sur une consommation finale réelle de 153,2 Mtep cette année-là) selon les dernières données du Bilan énergétique de la France pour 2018, Commissariat général au développement durable, janvier 2020.
- Dont deux tiers provenant du secteur résidentiel.
- Contre 43% dans le secteur résidentiel.
- Dans le plan de relance, sont rappelés les objectifs de « rénovation du parc au niveau BBC en 2050 et l’éradication des passoires thermiques à l’horizon 2030 ».
- Qui « représentent 100 millions de m2 ».
- Lancée le 1er janvier 2020, Ma primeRénov' est une aide pour les travaux de rénovation énergétique. Elle remplace le crédit d’impôt pour la transition énergétique (CITE) et les aides de l’Agence nationale de l’Habitat (Anah) « Habiter mieux agilité ». Elle est versée sous conditions de ressources par l'Anah. La mise en place du dispositif s’échelonne jusqu’en 2021.
- La France compte 3,7 millions de TPE, 148 000 PME, 5 700 ETI et 257 « grandes entreprises ».
- 45,3 Mtep en 2018, dont 26,2 Mtep « imputables aux ménages ».
- Et 30% de l’ensemble des émissions de gaz à effet de serre.
- Plan de soutien à l’automobile, mai 2020. Avec un objectif de 100 000 points de recharge pour véhicules électriques ouverts au public à fin 2021, en soutenant le développement de stations de recharge « ultra-rapide » et la production des bornes en France.
- « En lien avec les sociétés concessionnaires d’autoroutes pour le réseau concédé ».
- « De par leurs émissions de gaz à effet de serre et polluants ».
- CEA, EDF, Naval Group et TechnicAtome présentent Nuward : projet commun de “petit réacteur modulaire", CEA, 17 octobre 2019.
- Et un covinvestissement d’EDF et de l’État.
- Investissements via le 4e PIA sur la période 2021-2023 consacrés aux « stratégies d’investissement prioritaires pour la transition écologique » : énergies décarbonées, économie circulaire, transports et mobilités durables, agriculture responsable et souveraineté alimentaire, villes de demain, etc. Le plan de relance mentionne également dans cette partie les plans de soutien aux secteurs de l’aéronautique et de l’automobile (2,6 milliards d'euros).
