Les travaux de rénovation énergétique dans les maisons individuelles

  • Source : Ademe

En France, le Plan de rénovation énergétique des bâtiments présenté en avril 2018 fixe notamment pour objectif de rénover l’ensemble du parc de bâtiments au niveau « BBC » (bâtiment basse consommation)(1) d’ici à 2050. À plus court terme, le gouvernement entend « éliminer les 7 à 8 millions de passoires thermiques du parc privé » (logements dont le diagnostic de performance énergétique est classé en étiquette F ou G) d’ici à 2025.

Dans cette enquête dite « TREMI » (Travaux de Rénovation Énergétique des Maisons Individuelles) mise en ligne en octobre 2018, l’Ademe présente les caractéristiques des travaux de rénovation réalisés entre 2014 et 2016 dans les maisons individuelles en France(2). Elle évalue en particulier les motivations et l'impact énergétique de ces travaux ainsi que les recours aux dispositifs d'accompagnement à la rénovation.

Durant la période considérée, 5,1 millions de ménages en maisons individuelles ont réalisé des travaux de rénovation énergétique, soit 32% du parc de maisons en France. Ces travaux étaient en premier lieu motivés par l’amélioration du confort (citée comme motivation par 8 ménages sur 10), avant la réduction des factures énergétiques (citée dans la moitié des cas).

Les travaux engagés portent en priorité sur l’isolation du bâti (fenêtres, toiture et murs) et s’intègrent dans 65% des cas dans un « bouquet », avec au moins deux postes de travaux à la fois comme le recommande l’Ademe. La ventilation reste en revanche le « parent pauvre » de la rénovation énergétique, regrette l’Ademe qui souligne l’importance de ce poste en matière de confort et de santé. La dépense moyenne des travaux était de 11 750 euros par logement.

L’Ademe fait par ailleurs état d’un bon niveau de satisfaction des ménages ayant réalisé des travaux, 83% d’entre eux estimant notamment avoir amélioré le confort thermique de leurs logements. Elle constate toutefois « un vrai décalage » entre la perception de ces ménages et la réalité des rénovations : seules 25% des rénovations ont permis in fine « un gain énergétique d’au moins une classe de DPE (ndlr : diagnostic de performance énergétique) », cette proportion tombant à 5% pour des gains de 2 classes énergétiques ou plus.

Les logements peuvent certes « améliorer leurs performances » sans changer de classe énergétique mais le chemin à parcourir en vue d’un parc de logements au niveau BBC en 2050 reste « très important » selon les termes de l'Ademe. Au-delà de la simplification des procédures de rénovations, l’Agence souligne que « les objectifs des pouvoirs publics en matière d’économie d’énergie se heurtent à une absence de besoins exprimés par la population ».

Lire l'étude  :
Rénovations de maisons individuelles