Depuis 2010, la Chine a augmenté sa production d'hydrogène de 6,8% par an pour atteindre 21 millions de tonnes en 2018, ce qui en fait le premier producteur mondial (18% de la production mondiale)(2). Cet hydrogène est majoritairement produit par gazéification de charbon et non par reformage du méthane, de loin le procédé de production le plus courant dans le reste du monde. La Chine pourrait miser sur le développement de l'hydrogène dans les transports, dans d'autres secteurs difficiles à décarboner comme la production d'acier et de ciment ou encore pour le stockage d'électricité (« Power to X »).
Début juillet 2020, Wang Gang, le vice-président du comité national de la Conférence consultative politique du peuple chinois(3), a entre autres appelé Pékin à renforcer ses investissements dans les infrastructures de distribution d'hydrogène pour accélérer le déploiement des véhicules à pile à combustible. À l'horizon 2030, la Chine entend disposer d'un million de véhicules à pile à combustible en circulation (moins de 7 000 ventes cumulées dans le pays à fin juin 2020) et de 1 000 stations de recharge d'hydrogène (la Chine en comptait 72 « opérationnelles » à fin juin 2020).
Jusqu'à peu, l'intérêt pour l'hydrogène en Chine ne s'intégrait pas dans une stratégie de lutte contre le réchauffement climatique. Avec l'annonce le 22 septembre 2020 du Président chinois Xi Jinping de l'objectif national de neutralité carbone « avant 2060 »(4), l'hydrogène pourrait être « amené à jouer un rôle plus important pour réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre du pays » selon l'auteur de cette étude. Ce qui impliquera d'opter pour une production décarbonée de l'hydrogène. Pour rappel, presque la moitié des véhicules électriques dans le monde à l'heure actuelle circulent en Chine. La mobilité électrique a toutefois dans ce pays un impact majeur sur les émissions de gaz à effet de serre, sachant que près de 65% de la production d'électricité y reposait encore sur le charbon en 2019(5).