Pourtant, la construction d’un marché gazier européen semble également fragiliser la situation du groupe Gazprom, qui plus est dans le contexte récent de la crise ukrainienne. Les contrats à long terme qui ont longtemps encadré les relations entre Gazprom et ses clients tendent à être renégociés en diminuant la part du prix du gaz indexée sur celui du pétrole. Le groupe russe a une moins bonne visibilité à long terme : la feuille de route énergétique de l’UE à l’horizon 2050 présente notamment le gaz comme une « énergie de transition » dont la part a vocation à diminuer à moyen et long terme. De nombreuses institutions européennes plaident enfin pour une réduction de la dépendance des importations gazières envers la Russie.
Dans cette étude pour le Centre Russie/NEI de l’Ifri, Aurélie Bros, doctorante en géopolitique (Paris 1/Académie des sciences russe), présente (en anglais) les enjeux auxquels est aujourd’hui confronté Gazprom en Europe. Le groupe, qui a ouvert un bureau de représentation à Bruxelles en 2013, a besoin de maintenir ses débouchés européens tout en sécurisant cet approvisionnement, notamment par le biais de South Stream.