Eolien offshore en France : engagements et perspectives
Le coup de projecteur sur l’énergie éolienne en France s’inscrit dans la continuité des engagements européens (Paquet Energie-Climat) et français (Grenelle de l’Environnement) en termes de développement des énergies renouvelables. Issu du Grenelle, le plan national de développement des énergies renouvelables prévoit l’installation d’une puissance éolienne globale de 25 GW (1 GW = 1 000 MW) d’ici à 2020 (19 GW terrestres et 6 GW offshore). Au 30 juin 2011, la puissance installée du parc français atteignait 6 253 MW(1), avec 3 800 éoliennes terrestres en service. Aucun parc offshore n’est actuellement en activité, malgré la sélection du site de Veulettes-sur-mer (Seine-Maritime) par l'Etat en 2004(2) pour installer des éoliennes au large.
Les vents étant plus forts et plus réguliers en mer, la France entend tirer parti de sa façade maritime : 11 millions de km2, l’outre mer inclus, sont placés sous juridiction française. Selon l’Ademe, la puissance éolienne pouvant théoriquement être installée avoisine les 30 GW. Ce potentiel est néanmoins limité par les contraintes locales et réglementaires.
La France envisage de rattraper une partie de son retard, dans le domaine de l’éolien offshore, sur ses voisins britannique et allemand. Au 30 juin 2011, le Royaume-Uni, leader de l’éolien offshore en Europe, disposait déjà d’une puissance installée de près de 1,6 GW grâce à ces éoliennes en mer. En France, le déploiement de 6 GW d’ici à 2020 doit se dérouler en deux temps, à travers deux appels d'offre de 3 GW chacun. Le premier d'entre eux a été lancé en juillet 2011. Il porte sur l’installation de près de 500 à 600 éoliennes réparties entre cinq parcs en France métropolitaine (capacité installée globale de 3 GW) : Saint-Nazaire, Saint-Brieuc, Courseulles-sur-mer, Fécamp, Le Tréport. Un second appel d’offres devrait suivre à partir d’avril 2012.
Quels sont les consortiums candidats ?
L’Etat prévoit un investissement de 10 milliards d’euros sur ce premier appel d’offres. Trois grands consortiums sont positionnés sur les différents sites :
Ces consortiums doivent déposer plusieurs offres pour chaque parc auquel ils sont candidats. Ce système d’ « offres liées » vise à adapter les projets en fonction du nombre de dossiers remportés par chaque consortium. A l’exception du site du Tréport, les consortiums devront être départagés sur les différents projets de parcs (du nord au sud) :
- Le Tréport ;
- Fécamp ;
- Courseulles-sur-Mer ;
- Saint-Brieuc ;
- Saint-Nazaire .
Le choix des projets, annoncé en avril, sera effectué en fonction de trois critères : le prix pour 40%, le volet industriel pour 40% également et l’environnement du site pour 20%. La construction des parcs offshore doit débuter à partir de 2015.
Calendrier du présent appel d'offres sur l'éolien offshore (©CRE)
