Une production de pétrole et de gaz en hausse mais…
La production britannique d’énergie primaire a atteint 123,1 Mtep en 2015 selon les premières estimations officielles du Royaume-Uni (soit légèrement moins que la production française(2)). Elle a retrouvé un niveau proche de celui de 2012, essentiellement grâce aux hausses de la production de pétrole (+ 12,8% pour le pétrole brut et les liquides de gaz naturel) et de gaz naturel (+ 8,5%).
Cette forte croissance est liée à la mise en production de nouveaux champs et à de moins nombreuses interventions de maintenance. Toutefois, « l’industrie en mer du Nord souffre des prix bas du pétrole et s’attend à une nouvelle baisse de la production » malgré une forte réduction de ses coûts d’exploitation(3), tempère George Smeeton du think tank britannique Energy & Climate Intelligence Unit.
Le prix moyen du baril de Brent a pratiquement été divisé par deux en 2015, atteignant 52,5 $ en moyenne annuelle contre 99 $ en 2014. Selon l’association Oil & Gas UK qui représente le secteur au Royaume-Uni, les compagnies pétrolières et gazières ont, nonobstant la hausse de leur production, vu leurs recettes baisser de 30% en 2015.
La production britannique de charbon a pour sa part connu une très forte baisse en 2015 (- 27%) et atteint un niveau historiquement bas, en raison de la fermeture de mines et de la baisse de productivité de celles restant en activité (près de 4 000 personnes travaillaient encore dans l’extraction de charbon en 2014). Ce combustible n’est d'ailleurs plus la première source de production électrique du Royaume-Uni.
Électricité : une forte baisse de la production des centrales à charbon
En matière d’électricité, les données officielles communiquées la semaine dernière ne concernent encore que les principaux producteurs (MPPs pour « Major Power Producers ») qui comptent pour environ 85% de la production électrique britannique(4). De grandes tendances apparaissent toutefois sur cette base, en particulier la forte baisse de la production issue du charbon (- 23,7%).
Le charbon compte désormais pour 25,9% de la production d’électricité des MPPs contre 33,6% en 2014, en raison de la conversion d’une partie de la centrale à charbon de Drax en centrale à biomasse et de l’augmentation de la taxe carbone britannique(5). La part du gaz naturel dans ce mix est de 31,3%, soit très proche de celle de 2014 (30,9%).
La contribution du nucléaire a pour sa part significativement augmenté : elle atteint désormais 23% du mix (contre 20,5% en 2014). Rappelons que 2 réacteurs EPR sont également en projet au sein de la centrale d’Hinkley Point (EDF doit détenir 66,5% des parts de ce projet).
C’est la production à partir d’énergies renouvelables, aux premiers rangs desquelles l'énergie éolienne, qui a toutefois connu la plus forte croissance en 2015 : elle a augmenté de 21,6% et atteint 65,35 TWh sur l’ensemble de l’année en Grande-Bretagne (Irlande du Nord exclus) selon les dernières données du gestionnaire de réseau National Grid.
Une « intensité énergétique » toujours en baisse
La consommation d’énergie primaire du Royaume-Uni a légèrement augmenté de 0,2% en 2015 en raison des températures plus faibles de 0,6°C en moyenne par rapport à 2014. Corrigée de cet aléa climatique, l’administration britannique estime toutefois que la consommation nationale a connu une baisse similaire à celle des années précédentes.
Notons que les importations de produits pétroliers du Royaume-Uni ont augmenté de 30,8% en 2015. Catherine Mathieu, économiste à l’OFCE, rappelle que la facture énergétique britannique équivaut à environ 1 point de son PIB (avec 54,3 milliards de livres Sterling d'importations et 35,9 milliards d'exportations en 2014).
Selon le Department of Energy and Climate Change, les émissions britanniques de gaz à effet de serre ont par ailleurs baissé de 7,7% en 2014 (les données de 2015 seront communiquées dans un an) par rapport à 2013(6). Depuis 2000, l’intensité énergétique du Royaume-Uni, c’est-à-dire sa consommation d’énergie par point de PIB, a baissé d'environ 3% par an. Le PIB britannique a augmenté de 2,2% en 2015(7) et devrait encore « se situer autour de 2% en 2016 » selon les premières estimations de Catherine Mathieu.
Évolution de la production et de la consommation d'énergie au Royaume-Uni (©Connaissance des Énergies)
Sources / Notes
- En énergie primaire.
- La production française d'énergie primaire a atteint 139 Mtep en 2014 selon le « Bilan énergétique de la France pour 2014 » publié en juillet 2015. Selon les premières données portant sur 2015, cette production atteindrait 122 Mtep hors EnR thermiques et déchets, un niveau très proche de celui de 2014.
- Ceux-ci atteindraient en moyenne 20,95 $ par baril en 2015 contre 29,3 $ par baril en 2014.
- Les données actuelles n’incluent pas la production des auto-producteurs (et certaines données relatives à des sources d’énergie renouvelable).
- L’Energy Act, promulgué en décembre 2013, a posé le principe d’un prix plancher pour le CO2 en matière de production d’électricité avec une cible de 30 £/t (36€/t) en 2020 et de 70 £/t (84€/t) en 2030).
- En grande partie en raison de la baisse de la consommation de chauffage des ménages en 2014 et à celle de charbon pour la production d’électricité.
- Office for National Statistics