Pourquoi change-t-on d’heure ?

Changement d'heure
La majorité des Français serait opposée au changement d'heure selon de nombreux sondages(1). (©photo)

Ce dimanche 25 mars 2018 à 2 heures du matin, il sera 3 heures. La France passe à l’heure d’été comme chaque année depuis 1976 avec une ambition simple : limiter l’utilisation de l’éclairage artificiel en faisant mieux correspondre les heures d’activité aux heures d’ensoleillement.

Le changement d’heure a été réinstauré en France par décret le 19 septembre 1975. Il visait alors à réduire la dépendance pétrolière de la France après le premier choc pétrolier de 1973. L’électricité était en effet largement produite à partir de centrales au fioul lourd à l’époque. En 2017, le mix électrique français reposait à 71,6% sur l’énergie nucléaire.

L’Ademe fait néanmoins état d’ « impacts énergétiques réels ». Selon les dernières estimations basées sur l’année 2009, le dispositif permettrait d’économiser l’équivalent de la consommation annuelle en éclairage d’environ 800 000 ménages (soit 440 GWh par an)(2).

Toujours selon l’Ademe, ce gain aurait permis à la France d’éviter l’émission de 44 000 tonnes de CO2 par an. Les économies liées aux usages thermiques (chauffage et climatisation) seraient moins significatives et plus difficiles à évaluer. La consommation de la climatisation tertiaire aurait, par exemple, permis d’économiser 70 GWh d’électricité par an.

Bien qu’harmonisé au niveau de l’Union européenne depuis 1998 (passage à l’heure d’été le dernier dimanche de mars et à l’heure d’hiver le dernier dimanche d’octobre), le principe du changement d’heure ne fait pas l’unanimité. Outre la difficulté d’évaluer les économies réelles liées au dispositif, les progrès technologiques (usage de produits et d’appareils plus performants) et son impact sur le rythme biologique réduisent ses bénéfices.