« CAD » et « électrocarburant »
Les « SAF » (pour « sustainable aviation fuels » en anglais) sont présentés comme « un des leviers majeurs de la décarbonation du transport aérien » et font l'objet de nombreuses publications. Désormais, vous pourrez les désigner comme des « carburants d'aviation durable » (abréviation « CAD »), comme le recommande la Commission d'enrichissement de la langue française.
Cette dernière a défini un CAD comme un « carburant d’aviation qui répond à des critères de durabilité, notamment une empreinte carbone très inférieure à celle d’un carburant conventionnel ». Concrètement, il peut s'agir d'un biocarburant issu de la valorisation des déchets organiques ou d'un carburant de synthèse à faible émission de gaz à effet de serre, précise la Commission d'enrichissement de la langue française.
Par ailleurs, il convient désormais de qualifier d'électrocarburant un « e-fuel », terme anglais qui désigne un « carburant de synthèse qui est produit à partir d’hydrogène obtenu par électrolyse de l’eau, combiné à du carbone ou à de l’azote, et qui est substituable aux carburants d’origine fossile dans les moteurs à combustion interne ».
La Commission d'enrichissement de la langue française a ajouté 5 autres termes et expressions dans le vocabulaire officiel des énergies :
- concertation à fin d'exploitationconcertation entre les titulaires de différents titres d’exploitation relatifs à un gisement terrestre ou maritime, qui s’effectue sous l’égide du ou des États concernés, et vise à trouver un accord sur l’exploitation de ce gisement ;
- hydrogénier ;
- hydrogénoduc ;
- limitation de la production ;
- pénurie d’énergies renouvelables.
Un usage obligatoire dans certains cas
Créée par le décret no 96-602 du 3 juillet 1996, la Commission d’enrichissement de la langue française (CELF) est une assemblée de personnalités qui a pour mission « de favoriser l’enrichissement de la langue française, de développer son utilisation, notamment dans la vie économique, les travaux scientifiques et les activités techniques et juridiques, d’améliorer sa diffusion en proposant des termes et expressions nouveaux pouvant servir de référence, de contribuer au rayonnement de la francophonie et de promouvoir le plurilinguisme »(1).
Placée auprès du Premier ministre, elle travaille en liaison avec les organismes de terminologie et de néologie des pays francophones et des organisations internationales ainsi qu'avec les organismes de normalisation. Cette commission est étroitement liée avec l'Académie française, à qui elle soumet « les termes et expressions qu'elle envisage de retirer des listes précédemment approuvées, les expressions complémentaires qu'elle propose d'y ajouter et les définitions qu'elle propose de modifier », et sans l'accord de laquelle « aucune révision ne peut être publiée » (les nouveaux termes sont ainsi validés par l'Académie française avant une publication au Journal Officiel(2)).
Précisions que les termes et expressions publiés au Journal officiel, incluant désormais « CAD » et « électrocarburant », sont « obligatoirement utilisés à la place des termes et expressions équivalents en langues étrangères dans les décrets, arrêtés, circulaires, instructions et directives des ministres, dans les correspondances et documents, de quelque nature qu'ils soient, qui émanent des services et des établissements publics de l'État ».
Le site internet « France Terme » regroupe l'ensemble des termes recommandés par la Commission d'enrichissement de la langue française et publiés au JO.
Sources / Notes
- Décret n°96-602 du 3 juillet 1996 relatif à l'enrichissement de la langue française.
- Plus de 200 nouveaux termes sont généralement publiés chaque année au JO.