Ce gaz présent dans les galeries d’anciennes mines de charbon pourrait toujours être exploité après 2040 sous réserve que cette opération s’effectue à des fins de sécurité, à savoir « maintenir en dépression les vides miniers contenant ce gaz » dans les veines de charbon exploitées dans le passé.

En France, cette exploitation concerne actuellement un acteur : la Française de l’énergie (ex-European Gas Limited) qui capte du gaz de mine dans le Bassin minier du Nord-Pas-de-Calais via sa filiale Gazonor. Le groupe effectue par ailleurs des tests de production de « gaz de couche » dans des veines de charbon en Lorraine, une activité qui nécessite des forages et ne bénéficie pas d’une dérogation dans le projet de loi Hydrocarbures(2).

Dans les Hauts-de-France, la fin de l’exploitation du charbon en 1990 a laissé près de 110 000 kilomètres de galeries à l’abandon dans lesquelles du gaz issu des veines de charbon se mélange à l’air ambiant. Ce « grisou », qui a provoqué des accidents dramatiques dans l’histoire charbonnière (catastrophe de Courrières de 1906), est actuellement relâché dans l’atmosphère par une centaine d’évents malgré son fort effet de serre.

Gazonor exploite aujourd’hui ce « gaz appauvri », qui contient des taux de concentration en méthane (CH4) variables d’un puits à un autre(3), au niveau de 4 sites. Sur le site central d’Avion (à quelques kilomètres de Lens) où travaillent 8 employés de Gazonor, une partie du gaz captée est injectée sur le réseau gazier et une autre partie est convertie en électricité (les 3 autres sites produisent uniquement de l'électricité). Il est également prévu dans le futur de produire à Avion de la chaleur par cogénération et de l'injecter sur des réseaux de chaleur locaux. Présentation en images.

Reportage en images

Sites de Gazonor
Captage de gaz de mine
Injection de gaz de mine
Odorisation du gaz de mine
Production d'électricité à partir de gaz de mine
Moteurs électriques gaz de mine
Transformateur à Avion
Anciens motocompresseurs d'Avion
Site Gazonor d'Avion
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Dans les Hauts-de-France, La Française de l’énergie exploite du gaz de mine au sein de 4 sites via sa filiale Gazonor. Le groupe dispose de 1 911 km2 de permis exclusifs de recherche et de concessions dans la région. (©CDE)

Gazonor capte du gaz de mine autrefois rejeté dans l’atmosphère, évitant ainsi actuellement l’émission de plus de 250 000 tonnes d’équivalent CO2 par an selon l'INERIS. Ici, le puits n°5 d’Avion. (©CDE)

Le gaz capté à Avion est actuellement revendu à Total. Il est compressé à 60 bars avant de transiter sur le réseau de transport gazier. Gazonor prévoit dans le futur de l’injecter directement au sein des réseaux de distribution afin d’éviter une compression aussi forte, consommatrice d’énergie. (©CDE)

Le gaz de mine, incolore et inodore (ce qui faisait du « grisou » un ennemi redoutable dans les mines), est odorisé avant d’être injecté dans le réseau gazier. (©CDE)

Gazonor dispose actuellement de 6 moteurs électriques Jenbacher 420 de 1,5 MW, intégrés dans des containers insonorisés de 15 m de long. Ces moteurs fonctionnant en continu sont répartis sur 4 sites et pourraient satisfaire les besoins électriques de 40 000 habitants selon Gazonor. Ici les 2 moteurs d’Avion. (©CDE)

En produisant de l’électricité à partir du gaz de mine, ces moteurs 20 cylindres produisent de la chaleur à 70°C. Il est prévu de valoriser dans le futur cette chaleur « fatale » par cogénération afin d’alimenter des réseaux de chaleur locaux. (©CDE)

La production d’électricité à partir de gaz de mine bénéficie, pour les installations de 1,5 MW, d’un tarif d’obligation d’achat de 76,6 €/MWh suite à l’arrêté du 19 octobre 2016(4). A droite, un transformateur permettant l’injection d’électricité sur le réseau de distribution d’Enedis. (©MD)

Le site d’Avion comporte également encore des anciens motocompresseurs qui doivent être changés par Gazonor dans les mois à venir. (©MD)

Gazonor a déjà fait certifier près de 6,4 milliards de m3 de réserves de gaz dans les Hauts-de-France(5). En juillet 2017, la société a signé un partenariat avec Dalkia pour assurer la fourniture d’électricité, de chaleur et de gaz pour la ville de Béthune. Le groupe précise avoir reçu de nombreuses autres sollicitations de collectivités voisines. (©CDE)

Sources / Notes

  1. Selon les termes du texte voté en 1re lecture à l’Assemblée nationale. L'Assemblée nationale aura le dernier mot suite à l'échec de la commission mixte paritaire avec le Sénat le 21 novembre 2017.
  2. La Française de l’Énergie compte 20 employés sur son site de Forbach et 8 autres sur son site d’Avion.
  3. Lorsque la teneur du gaz en méthane est faible (de l'ordre de 28% à 30%), il est employé pour produire de l'électricité. Lorsque cette teneur est élevée (autour de 90%), il a vocation à être injecté sur le réseau gazier.
  4. Arrêté du 19 octobre 2016 fixant les conditions d'achat de l'électricité produite par les installations utilisant l'énergie dégagée par la combustion ou l'explosion du gaz de mines telles que visées à l'article D. 314-15 du code de l'énergie.
  5. Ces réserves certifiées ne concernent que les Hauts-de-France.