2024 : qui a réduit quoi ?
En 2024, deux circonstances ont été favorables à la baisse des émissions en France : la meilleure utilisation du parc nucléaire et le remplissage des barrages hydroélectriques (– 4,1 Mt CO2eq du secteur de l'énergie), ainsi que la clémence des températures. Pourtant, le rythme de baisse s'est nettement ralenti relativement à 2023 (– 1,8 % après – 5,8 %), pour trois raisons principales : la résistance des émissions du secteur du transport, la demande d'énergie fossile favorisée par la modération des prix, et les délais de mise en route du programme de décarbonation de l'industrie.
2026/2030 : accélérer et non pas rétrograder
Depuis 2005, nos émissions brutes suivent une tendance baissière de 2 % l'an. La poursuite de cette tendance nous dirige vers des émissions de 320/330 Mt de CO2eq en 2030, alors qu'il faut viser 270 Mt pour respecter nos engagements climatiques. Pour atteindre cet objectif, il faudrait porter le rythme annuel de baisse à 5 % sur les six années qui nous séparent de 2030. Cela implique de sortir une feuille de route articulée autour de trois jalons : la sobriété dans les usages, l'accélération du retrait des énergies fossiles, et le renforcement du déploiement des énergies solaires et éoliennes.
Face à la hauteur de la marche à franchir, une partie de la classe politique a entonné une dangereuse musique en faveur d'une révision à la baisse des objectifs climatiques. Cette musique est aussi dangereuse en matière climatique que face au risque d'abandon de l'Ukraine devant la menace impérialiste russe. L'Europe doit au contraire se ressaisir et mobiliser tous les moyens requis pour accélérer sa décarbonation.