Des habitudes énergivores au travail

En France, près de 13 millions de personnes travaillent dans des bureaux, soit 46% de la population active. Avant même d’arriver au bureau, rappelons que près de 74% des salariés français se rendent à leur travail en voiture tandis que seuls 11% optent pour les transports en commun selon l’Ademe.

Ce choix, qui peut être contraint, a un impact important en matière d’émissions de gaz à effet de serre : un trajet de 30 kilomètres (distance moyenne domicile/lieu de travail) entraîne en moyenne en voiture l’émission de 7,62 kg d’équivalent CO2 (contre 1,75 kg éq.CO2 en transport en commun). L’Ademe prône entre autres le recours aux mobilités dites « douces » (comme le vélo) quand c’est possible ou au covoiturage ainsi qu’à l’autopartage pour les déplacements professionnels.

Au bureau, le chauffage compterait à lui seul pour la moitié des consommations d’énergie. L’Ademe recommande notamment de dégager les radiateurs afin de permettre une bonne diffusion de la chaleur et de faire preuve de sobriété en l’absence de besoins réels. Il en va de même pour la climatisation ou l’éclairage dont l’optimisation (éteindre les lumières des salles non occupées, choisir des lampes économes, etc.) peut entraîner une baisse de 70% des dépenses à ce poste selon l’Ademe.

Le numérique au cœur de votre impact

Dans un monde de plus en plus numérique, votre impact n’est pas virtuel, loin s’en faut. La consommation électrique d’un salarié français liée aux outils informatiques (usage du PC, des imprimantes, etc.) atteindrait en moyenne 363 kWh par an selon un livre blanc de l’Ademe et d'ADN’Ouest publié en 2016. Selon les auteurs de ce livre blanc, 20% à 30% de la consommation d’électricité des équipements informatiques pourrait être « raisonnablement économisée », soit environ 2,15 TWh par an en France. Ce total correspond aux besoins électriques annuels hors chauffage de près de 800 000 foyers.

Les équipements informatiques compteraient déjà pour 21% de la consommation d’électricité d’une entreprise de bureau(1) et cette part continue de croître. Fait intéressant : deux tiers de cette consommation se produirait en « période d’inactivité » selon l’Ademe qui rappelle entre autres que le mode « veille » des équipements entraîne toujours une consommation électrique, bien que réduite (elle recommande ainsi d'éteindre son ordinateur, notamment par des systèmes de « coupe-veille » permettant de réaliser jusqu'à 11% d'économies d'énergie).

Selon l’Ademe, les émissions de gaz à effet de serre générées par le numérique reposeraient à 47% sur nos équipements informatiques, à 28% sur les infrastructures de réseau et à 25% sur les data centers. L’Ademe invite ainsi les Français à limiter le nombre d’envois de mails superflus et de destinataires(2), notamment auprès des salariés en interne.

Le nettoyage régulier de boîtes mails permet par ailleurs de réduire le stockage de données inutiles et la consommation associée (tout comme vider le cache de son navigateur). L’Ademe rappelle enfin que les navigateurs sont plus ou moins énergivores : le plus utilisé par les salariés français Google Chrome (navigateur de 37% des salariés) serait en particulier « très gourmand » (27 Wh pour 1 000 pages vues(3)).

L’Ademe a publié une infographie regroupant les différents impact des salariés sur l'environnement : transports, habitudes numériques, consommation de papier, gaspillage alimentaire, etc. Cliquez ici pour la retrouver.

Sources / Notes

  1. Selon l’Ademe, un ordinateur portable consomme en moyenne 30 à 100 kWh par an contre 120 à 150 kWh par an pour un ordinateur fixe.
  2. Dans une entreprise de 100 personnes en France, un collaborateur envoie en moyenne 33 mails. Dans le cas de messages pesant 1 Mo et destinés à 2 personnes en moyenne, l’envoi équivaut aux émissions de CO2 d’une voiture parcourant 1 000 km.
  3. Étude « Web Energy Archive » réalisée par le Green Code Lab en 2013.