Une mise en œuvre accélérée de la loi de transition

En France, les grands objectifs de la loi de transition énergétique pour la croissance verte sont désormais bien connus : réduction de 30% de la consommation d’énergies fossiles d’ici 2030(1), division par 2 de la consommation d’énergie finale d’ici à 2050, diminution de la part du nucléaire dans le mix de production électrique à hauteur de 50% en 2025 (contre 72,3% en 2016), etc.

Le Réseau Action Climat, qui regroupe de nombreuses ONG environnementales telles que France Nature Environnement, WWF et Greenpeace, considère toutefois que « les moyens qui permettront de tenir ces objectifs font toujours défaut ». Il appelle entre autres à simplifier les règles de développement des énergies renouvelables, à interdire « définitivement l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures en France et en outre-mer » et à préciser l’évolution du parc nucléaire en vue de l’objectif encore discuté des « 50% » en 2025.

Les ONG attendent du gouvernement qu’il fixe un « cap » clair, permettant de s’orienter vers un mix énergétique reposant in fine à 100% sur les énergies renouvelables en 2050. A plus court terme, elles demandent entre autres la mise en place d’un plan détaillé (avec calendrier précis et financements dédiés) pour réaliser la rénovation de 8 millions de « passoires énergétiques » (niveau de performance énergétique F ou G) en France d’ici à 2025. Le RAC juge par ailleurs « très insuffisantes » les mesures de la loi de transition énergétique dans les transports (27% des émissions de gaz à effet de serre en France en 2014).

Objectifs loi de transition énergétique
Calendrier des grands objectifs de la loi de transition énergétique (©Connaissance des Énergies)

Les ONG du RAC ne limitent pas leurs recommandations au secteur énergétique. Elles appellent également à réduire les importantes émissions de gaz à effet de serre (en particulier de méthane) liées à l’agriculture et à l’alimentation, notamment en réduisant la consommation de produits animaux.

Une fiscalité « climato-compatible »

Les associations membres du Réseau Action Climat rappellent que la fiscalité sera « un facteur déterminant pour atteindre nos objectifs climatiques ». Elles appellent ainsi le gouvernement à intégrer dans sa feuille de route climatique l’engagement d’un « projet de loi de finances pour 2018 climato-compatible ».

Cela suppose, selon le RAC, de préciser l’évolution de la composante carbone sur toute la durée du quinquennat (en maintenant l’objectif de la porter à 56 €/t CO2 en 2020), d’aligner la fiscalité du gazole sur celle de l’essence ou encore de mettre en œuvre la taxe sur les transactions financières dont 75% des recettes pourraient être affectées à « la solidarité internationale et au climat ».

Des objectifs « énergie-climat » renforcés au niveau européen

Au niveau européen, le RAC plaide pour rendre contraignants les objectifs climat/énergie des États membres à l’horizon 2030 et à les revoir sensiblement à la hausse. Il appelle à porter à « 45% au minimum » la part des énergies renouvelables dans la consommation d’énergie finale de l’Union européenne en 2030, au lieu de l’objectif de 27% proposé au niveau communautaire.

En matière d’efficacité énergétique, le RAC appelle à renforcer l’objectif de réduction de la consommation d’énergie (par rapport à la consommation estimée à l’horizon 2030), « à 40% au lieu des 30% proposés ». Les ONG considèrent que ces objectifs permettraient à l’Europe d’apporter « une contribution adaptée à l’objectif de réchauffement en-dessous de 1,5°C » d’ici la fin du siècle (par rapport aux températures préindustrielles), comme envisagé lors de la COP21.

Parmi les mesures jugées prioritaires par le RAC, les ONG appellent à finaliser la création de la taxe sur les transactions financière au niveau européen en juillet 2017. Elles recommandent par ailleurs d’organiser en France un « sommet de l’action européenne » en 2018 pour faire un état des lieux des actions de l’Europe en matière de lutte contre le réchauffement climatique depuis la COP21.

Sources / Notes

  1. Par rapport à 2012, en énergie primaire.