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Le Royaume-Uni et la Norvège, deux pays aux liens énergétiques très étroits, vont, face à la menace russe, accroître leur coopération dans la protection des infrastructures sous-marines, a annoncé jeudi le ministre norvégien de la Défense.
Cette annonce est survenue dans le cadre d'une visite de deux jours du ministre britannique de la Défense, John Healey, dans le nord de la Norvège, à l'heure où les propos de Donald Trump font craindre un désengagement militaire américain d'Europe.
Jeudi, les deux ministres ont visité le navire britannique de surveillance des fonds marins Proteus et le bâtiment des gardes-côtes norvégiens Bison, amarrés dans le port de Bodø, juste au-dessus du cercle polaire arctique.
A cette occasion, le ministre norvégien, Tore Sandvik, a annoncé un renforcement de la coopération avec le Royaume-Uni, "l'allié le plus proche et le plus important de la Norvège en Europe", en particulier dans la protection des infrastructures sous-marines.
"La Russie maintient et développe depuis de nombreuses années des capacités militaires pouvant frapper les infrastructures occidentales en eaux profondes", a-t-il dit dans un communiqué.
"Nous devons nous attendre à ce que ce type de capacité puisse être utilisé contre les infrastructures norvégiennes en cas de tensions accrues ou de conflits", a-t-il ajouté.
La Norvège et le Royaume-Uni sont reliés par deux longs gazoducs posés sur les fonds de la mer du Nord. En 2023, le pays scandinave a couvert plus de 30% des besoins britanniques en gaz, selon des chiffres officiels.
Plusieurs câbles sous-marins de télécommunications et d'alimentation électrique ont été endommagés ces derniers mois dans la mer Baltique voisine. Dirigeants européens et experts soupçonnent des actes de "guerre hybride" orchestrés par la Russie.
"Nous envoyons à présent un message très clair à quiconque envisagerait de saboter nos infrastructures sous-marines: nous vous verrons", a souligné M. Sandvik.
Mercredi, M. Healey s'était rendu dans la ville de Kirkenes, située tout près de la frontière avec la Russie.
"Cette région nous rappelle que la Russie est une menace bien au-delà de l'Ukraine et nous rappelle que l'agression russe ne se limite pas à l'Ukraine", avait-il déclaré.