Réaliser une unité de méthanisation à la ferme

  • Source : Ademe

La méthanisation est un processus de décomposition de matières organiques pourrissables (déjections animales, déchets végétaux, effluents agroalimentaires, etc.) par des bactéries qui agissent en l’absence d’air (fermentation anaérobie). Ce procédé permet de générer du biogaz (qui comporte principalement du méthane – dans des proportions de 50% à 65%  – et du dioxyde de carbone) mais aussi du digestat (utilisé comme fertilisant).

À fin juin 2018, la France comptait 506 unités de méthanisation « à la ferme » selon les dernières données de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe)(1). Plus de 90% de ces installations produisaient de l’électricité et de la chaleur par cogénération, les sites restants injectant du biométhane dans les réseaux gaziers. Le soutien à cette filière passe principalement par des tarifs d’achat garantis durant 15 à 20 ans.

Dans le guide ci-après, l’Ademe présente les conditions de développement d’une installation de méthanisation « à la ferme » : différentes étapes du montage d’un projet, évaluation économique et technique, cadre réglementaire, etc. Cette documentation concerne plus précisément les installations de moins de 500 kW électriques ou de moins de 125 Nm3/h (normo mètre cube(2) par heure) de capacité d'injection de biométhane dans les réseaux gaziers.

Le développement d’unités de méthanisation est souvent présenté comme le moyen pour des agriculteurs de diversifier leur activité et de bénéficier d’un revenu complémentaire, en produisant par la même occasion de la chaleur nécessaire à l’exploitation agricole (séchage de fourrage, chauffage de bâtiments d’élevage, etc.) et en réduisant les besoins d’engrais de synthèse (grâce au digestat).

Dans son guide, l’Ademe souligne toutefois de nombreux « points de vigilance » techniques(3) et réglementaires(4) et les « bonnes questions » que doivent se poser les porteurs de projet, à commencer par le dimensionnement des installations. Pour disposer d’une unité de méthanisation de 100 kW de puissance, les effluents de 362 vaches laitières seraient par exemple nécessaires(5), indique ce guide.

Précisons que l'Ademe recommande aux agriculteurs souhaitant installer un méthaniseur sur leur exploitation d'être accompagnés par un prestataire extérieur (par exemple un bureau d’études ou une chambre d’agriculture) pour suivre les différentes étapes de la réalisation de cette installation qui peuvent durer « entre 2 ans et parfois plus de 4 ans ».

Lire l'étude  :
Méthanisation à la ferme
Sources / Notes
  1. Pour rappel, le Plan Énergie Méthanisation Autonomie Azote (EMAA) lancé en mars 2013 par le gouvernement avait pour objectif de développer en France 1 000 méthaniseurs « à la ferme » à l’horizon 2020 (contre 90 à fin 2012).
  2. Un normo mètre cube correspond à un mètre cube d'un gaz se trouvant dans des conditions « normales » de température et de pression (0 ou 15°C ou plus rarement 20°C selon les référentiels et à pression atmosphérique).
  3. Notamment sur le suivi des paramètres d’un digesteur (conditions de pH, température, composition du biogaz et du digestat, etc.).
  4. Par exemple, l’incorporation de cultures énergétiques dédiées à la méthanisation et en concurrence avec la production alimentaire (maïs, betteraves, etc.) est limitée à 15% du tonnage entrant (sur une moyenne triennale glissante) par le décret n°2016-929 du 7 juillet 2016.
  5. L'Ademe appelle les agriculteurs à ne pas dépendre trop fortement de gisements extérieurs pour l'alimentation en intrants de leurs méthaniseurs.